Les défis des plus petits

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L’industrie du camionnage au Québec est majoritairement composée de PME, comme nous chez C.H. Express, qui exploitons 14 camions et comptons une vingtaine d’employés. Nous partageons des défis communs avec les grandes entreprises de transport, mais nous avons aussi nos propres enjeux.

Notre premier défi se trouve dans le recrutement du personnel de bureau. Quand on est une petite entreprise, les descriptions de tâches comprennent souvent l’expression «et toutes autres tâches connexes». La personne affectée au chariot élévateur peut être appelée à tondre le gazon l’été ou à pelleter l’entrée l’hiver. Nous devons trouver des employés qui font preuve de polyvalence et de flexibilité. Personne ne va consacrer ses journées à prendre des commandes; tout le monde est appelé à contribuer à peu près à toutes les tâches. Il faut que ce soit clair des deux côtés.

(Image: iStock)

Ces employés doivent être autonomes, simplement parce qu’un superviseur ne peut pas être rattaché à chaque employé.

Ils doivent avoir un bon niveau d’autonomie et, en contrepartie, ils bénéficient d’une certaine liberté. Chaque employé devient en quelque sorte un petit entrepreneur au sein de l’entreprise.

Au Québec, il y a de moins en moins de joueurs dans notre secteur, le transport par remorque plateau. Et il y a de moins en moins de flottes d’une dizaine de camions dont le propriétaire assure aussi la répartition au besoin. Elles sont souvent absorbées par des acteurs plus gros. Nous tirons bien notre épingle du jeu parce que nous évoluons dans un créneau très spécialisé : le transport LTL par remorques à plateau.

En tant que petit joueur, nous ne pouvons pas nous embarquer dans des guerres de volumes. Nous offrons un service spécialisé, un menu à la carte avec un accompagnement clé en main de bout en bout. Les petites entreprises n’ont pas le choix d’offrir quelque chose de plus, de différent et de personnalisé pour tirer leur épingle du jeu.

Pourquoi des consommateurs choisissent-ils d’aller à la boulangerie du coin plutôt qu’au supermarché ? Pour les mêmes raisons que des clients font affaire avec des petits transporteurs : la valeur ajoutée.

Les grandes entreprises peuvent vendre du volume. Les petites entreprises, pour survivre, n’ont pas le choix de vendre de la valeur ajoutée. Agilité, flexibilité, créativité : voilà à mon avis la clé du succès pour les petits transporteurs. Et l’erreur à éviter, c’est d’essayer de jouer le jeu des volumes avec les gros.

Pour les petites entreprises de transport, faire partie de la solution est une condition essentielle pour rester en affaires.

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