Quand la technologie prend le volant

David Morneau

On a beau avoir des camions presque autonomes, des moteurs qui se mettent à jour en roulant et des dispositifs de consignation électroniques, le camionnage a du chemin à faire au point de vue technologique, particulièrement dans le LTL, la spécialité du Groupe Morneau.

Je parle ici de gestion des données, de transfert électronique, d’automatisation. Des éléments sur lesquels l’avenir du LTL repose, mais pour lesquels nous avons encore du travail à faire, surtout si nous nous comparons à l’industrie de la messagerie par exemple.

Malheureusement, on peut dire que, sous cet aspect, l’industrie du transport est longue à changer.

Chez Morneau, nous avons investi des millions en technologie. Nous avons acquis notre premier système de gestion du transport (TMS) en 2000. Les transporteurs sont non seulement évalués sur la manière dont ils vont livrer la marchandise, mais de plus en plus sur leur capacité à avoir une vision impeccable des données.

Actuellement, le département des technologies de l’information travaille main dans la main avec le département opérationnel. Ils sont tout aussi importants l’un que l’autre pour nous aider à concrétiser notre vision de l’avenir.

(Image: iStock)

Tout cela demande beaucoup d’investissements technologiques. N’oublions pas que nous évoluons dans une industrie à très faibles marges, extrêmement concurrentielle, et c’est difficile pour une entreprise de transport routier basée sur les actifs d’investir beaucoup en technologie.

Faire des assignations de voyages, c’est une chose, mais faire la prise de commande directement à l’ordinateur, assurer le suivi complet du mouvement de transport durant 24 heures, recevoir des suivis en continu comme dans le monde de la messagerie, c’en est une autre.

Il y a des transporteurs qui veulent toujours investir en technologie, mais ils doivent s’assurer que les expéditeurs veulent bien suivre. Le travail doit se faire des deux côtés, main dans la main.

Tant qu’à moi, une entreprise de camionnage ne pourra pas survivre si la technologie et les données ne sont pas une priorité, si on n’automatise pas bien davantage nos processus avec nos clients, L’intelligence artificielle doit entrer dans l’équation pour qu’on soit en mesure d’analyser les données. Mais inclure l’IA requiert des investissements importants. Certains consultants parlent même d’investir un minimum de 3% à 5% de son chiffre d’affaires dans l’intelligence artificielle si l’on veut survivre dans le futur.  Il faut d’abord faire cela en profit si l’on veut pouvoir réinvestir adéquatement! Il faut également prendre soin de structurer les données et de les nettoyer sinon l’IA ne fonctionnera pas.

Si, dans le domaine du transport routier, les entreprises n’ont pas de TMS, si elles saisissent les informations à la main, si les répartiteurs n’utilisent pas le TMS d’une manière impec[1]cable et homogène partout, si le personnel n’est pas formé, ces entreprises vont avoir de la difficulté à performer dans le contexte concurrentiel d’aujourd’hui et encore plus concurrentiel de demain.

La transition technologique et la gestion efficace de la donnée dans le domaine du LTL doivent se faire. Encore aujourd’hui, en 2024, les camionneurs repartent des installations des clients avec une pile de connaissements papier dans les mains. Ce n’est pas normal! Les expéditeurs autant que les transporteurs doivent travailler main dans la main pour intégrer le transfert de données, les API, l’EDI pour que les processus s’exécutent automatiquement.

Malheureusement, le transport est encore vu comme le mal nécessaire au bout de la chaine d’approvisionnement. Comment peut-on faire changer cette perception? Un des éléments, c’est en devenant plus efficaces et efficients par l’utilisation des données et par l’automatisation.

David Morneau