Retour à la réalité
La pandémie a créé un environnement artificiellement confortable pour l’industrie du camionnage. La demande de transport était considérablement plus grande que ce que les transporteurs pouvaient offrir. Les consommateurs ne pouvant plus sortir dépensaient leur argent en biens de consommation transportés par des camions. Les clients octroyaient les voyages à ceux qui avaient de la disponibilité, peu importe la qualité du service, et les camionneurs étaient traités en héros.
Mais les choses ont changé. Radicalement. L’inflation découlant de la pandémie a fait monter les taux d’intérêt et les consommateurs ont diminué leurs dépenses. Inévitablement, les volumes de marchandises à transporter ont baissé considérablement. De plus, l’augmentation des taux d’intérêt a sonné le retour en force du «just-in-time» pour contrer les coûts associés au maintien d’inventaires. Les expéditeurs réduisent les inventaires, ce qui a pour effet de mettre de la pression sur les transporteurs.
La pandémie a instauré un climat de facilité laissant croire que tout est acquis. Pendant la pandémie de Covid-19, plein de choses étaient tolérées et les expéditeurs étaient simplement heureux d’avoir une remorque pour transporter leurs marchandises.

La récréation est maintenant finie pour tout le monde. La qualité du service est revenue dans les priorités des expéditeurs.
Les clients ont repris le gros bout du bâton et il est important que tout le monde le réalise. Nous devons nous assurer de communiquer les nouvelles réalités du marché.
Les expéditeurs ne sont plus au désespoir de trouver un transporteur, au contraire. Nous sommes revenus à la réalité prépandémique dans laquelle les clients ont le choix et nous disent que «si ça ne fait pas avec nous, un autre va prendre le voyage».
Les clients nous confient leurs marchandises et ils s’attendent à ce qu’elles soient livrées dans les délais prévus et sans bris. Ils nous paient parce qu’ils s’attendent à des résultats, mais je pense que cette notion s’est perdue durant la pandémie. Il est donc primordial pour nous de remettre la notion de qualité du service au cœur de nos priorités.
Les clients sont plus sélectifs et nous, à titre de transporteur, nous sommes plus sélectifs à l’embauche. Nous interrogeons davantage les candidats face à leur attitude, à leur savoir-être.
Nous voulons détecter l’importance que le candidat accorde à la conformité, à la sécurité, à la ponctualité ainsi qu’à l’excellence du service, par exemple.
Les entreprises de transport et leur main-d’œuvre ne peuvent plus tenir pour acquise la situation qui découlait de la pandémie.
Nous ressentons cette pression mise par les clients et nous devons sensibiliser nos équipes à cette réalité. Dans le transport, comme dans la vie, il n’y a jamais rien d’acquis.