Transformation de l’acier – Le protectionnisme d’Obama risque de faire mal au Québec















MONTRÉAL – La récente décision du président américain Barack Obama qui promet de réviser la clause interdisant l’importation d’acier pour travaux d’infrastructures menacerait près de 2000 emplois au Québec, rapporte le quotidien La Presse dans sa livraison de ce matin.

Bien que le Québec ne compte aucune aciérie, plusieurs entrepreneurs d’ici possèdent des entreprises de transformation de ce métal. Le produit sert à la construction de grandes infrastructures publiques et privées partout en Amérique. Des poutres et des charpentes sont ainsi destinées à fabriquer des ponts, des hôpitaux et des édifices de tout genre.

La soixantaine de compagnies québécoises de transformation de l’acier (qui emploient 6000 travailleurs) exportent chaque année aux États-Unis environ 500 millions de dollars de ses produits. Les exportations canadiennes d’acier valent au total 11 milliards.

Or, la décision américaine d’acheter uniquement de l’acier local pour les travaux financés par le plan de relance Obama fait craindre le pire aux entrepreneurs du Québec. Ils ne pourront en fait proposer leurs produits pour des projets d’infrastructures publiques au sud de la frontière, à moins d’y posséder une compagnie de transformation de l’acier. Seulement une poignée d’entrepreneurs de l’acier, comme Canam notamment, ont des usines en territoire états-uniens. Les autres entreprises ne pourront répondre à des appels d’offres sollicités par le gouvernement américains pour d’importants travaux publics (ceux dans lesquels il y a des fonds fédéraux), comme la construction de ponts et d’hôpitaux, des projets qui constituent les deux tiers de la demande américaine.

Les promoteurs de projets privés (condos, édifices professionnelles, etc) au sud de la frontière pourront toutefois continuer de faire appel aux propriétaires d’usines de transformation de l’acier du Québec pour l’obtention du métal à la source de la relance et de la croissance américaine.

La décision de M. Obama risque de faire perdre près de 2000 emplois au Québec, estiment les analystes. Également inquiète de la situation, Sylvie Boulanger, directrice de la section québécoise de l’Institut canadien de la construction en acier, rapporte que son groupe presse le ministre du Commerce international, Stockwell Day, « d’accentuer le ballet diplomatique pour freiner l’élan protectionniste de la nouvelle administration à Washington. »

En entrevue au journal La Presse, Marc Dutil, président du Groupe Canam, a précisé que « si les Américains veulent mettre une barrière la-dessus, nos usines de St-Gédéon en Beauce et de Boucherville sur la rive sud de Montréal vont devoir repenser leurs affaires »… promettant toutefois de « ne pas fermer les lumières » de ses usines au Québec.

 


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