Le bonheur des uns fait le malheur des autres







OTTAWA – Vous connaissez le vieil adage : le temps c’est de l’argent. Or ce printemps et cet été, avec les innombrables travaux routiers d’un bout à l’autre du pays, les camionneurs perdront un temps fou à essayer de circuler et de s’y retrouver pour éviter ou contourner un chantier. Les embouteillages risquent de se compter par milliers.

Le vaste programme de chantier Canada qui a pour but de mettre à niveau les infrastructures routières (routes, ponts et viaducs) dans le dessein de remettre le Canada au travail en pleine période de crise fera du mal à l’industrie du transport commercial. Les chauffeurs, en effet, devront s’armer de patience, et les entreprises qui les emploient devront assumer les pertes reliées à ces contretemps. Car dans chaque municipalité, territoire et province émergera non pas un, mais plusieurs chantiers routiers.

Que l’on pense notamment aux imposants travaux de réfection (majeures) du pont Champlain dans la région de Montréal ou à tout autre projet, comme celui de l’autoroute Transcanadienne traversant le parc national de Banff dans l’ouest du pays, il y a fort à parier que plusieurs réservoirs de carburant se videront plus rapidement que prévu, sans compter les heures supplémentaires indues de conduite qui s’accumuleront (accroissement de la masse salariale des transporteurs due à l’embauche de nouveaux chauffeurs).

Bud Rush vivra intensément la situation au cours des prochains mois. Il est chauffeur et propriétaire-exploitant d’un camion de déménagement de United Van Lines. « Nous allons devoir planifier énormément nos déplacements et étudier longtemps à l’avance toutes les routes alternatives, en tentant dans la mesure du possible de respecter les horaires de livraison aux clients » dit-il. Or, les parcours alternatifs éloignent souvent les chauffeurs de leur route, engendrant de deux à trois heures de retard. « Dans certains cas, il n’y a pas d’alternative. Nous devrons faire face aux bouchons. »

Ce sera un été chaud. Plusieurs dollars s’envoleront en fumée, disent la majorité des porte-parole des associations provinciales de camionnage au pays.

 


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