Infractions enregistrées par les radars photo – Les transporteurs en colère







MONTRÉAL – L’industrie des transports lourds est en colère contre la ministre des Transports du Québec Julie Boulet, en raison de la décision gouvernementale d’inscrire les infractions enregistrées par les radars photo à leur dossier d’entreprise.

Cette décision a fait bondir le président directeur-général de l’Association du camionnage du Québec (ACQ), Marc Cadieux, a rapporté le quotidien montréalais La Presse dans son édition de samedi. M. Cadieux, dans une entrevue au journal, a accusé la ministre des Transports de faire « une volte-face complète par rapport au consensus fragile auquel l’industrie du transport lourd avait adhéré à reculons l’an dernier pour paver la voie au projet pilote de radars photo en cours sur les routes du Québec. »

La colère gronde également à l’Association nationale des camionneurs artisans (ANCI). Selon son directeur général, Gaétan Légaré, « ce système est aberrant! » Il déplore que depuis des années, l’Association demande à la SAAQ d’avoir accès à un registre qui permettrait de vérifier le dossier d’un chauffeur avant l’embauche. Or, dit-il « non seulement on nous refuse cet accès, mais avec la décision d’inscrire les infractions aux dossiers d’entreprise, on est en train de nous faire payer à leur place », dixit le quotidien. M. Légaré précise que selon cette politique, « le chauffeur n’aura pas de point d’inaptitude à son dossier, alors que le transporteur, lui, pourrait être obligé d’en répondre jusque devant la Commission des transports du Québec (CTQ). » Une mesure qui se traduirait, note-t-il, par des sanctions, une baisse de cote d’entreprise ou, dans le pire des cas, qui pourrait conduire à la suspension complète d’un permis d’exploitation par l’organisme de surveillance (la Commission).

Moins surpris que déçu, le directeur de l’Association du transport écolier du Québec (ATEQ), Luc Lafrance, a pour sa part souligné que les propriétaires de parcs d’autobus n’avaient pas été informés de la décision d’inscrire les infractions enregistrées. Il croit néanmoins que l’information « a dû se perdre pendant la mise en place du projet de radars photo. » Mais, il est clair à son avis, que l’industrie ne s’attendait pas à cette décision gouvernementale.

Par ailleurs, à Québec, le porte-parole du cabinet de la ministre Julie Boulet, Nicolas Murgia, se disait étonné des propos émanant de l’industrie des transports lourds. Car, a-t-il dit, « la SAAQ avait prévenu par lettre les entreprises de camionnage et d’autobus que des points seraient inscrits aux dossiers des exploitants routiers pendant le projet pilote. » La position du Ministère (MTQ) est claire, a précisé M. Murgia au journaliste du quotidien : « Un excès de vitesse signalé par un policier ou un par un radar photo demeure un excès de vitesse. »

Un dossier qui pourrait annoncer un automne chaud.

 


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