Étant préoccupées par des enjeux comme la découverte de médicaments et la réforme de la réglementation, les sociétés pharmaceutiques ont investi de façon moins importante dans la modernisation des installations de fabrication et de distribution, selon un nouveau rapport de PwC. Bon nombre de ces installations sont inefficaces, sous-utilisées et mal équipées pour s’adapter aux exigences des nouveaux médicaments, faire face à la hausse des coûts et aux réformes de la santé attendues, selon le dernier rapport de la série Pharma 2020, Supplying the future: which path will you take? (en anglais)
La chaîne d’approvisionnement, représentant une part importante des coûts de la plupart des sociétés biopharmaceutiques, est le lien entre le laboratoire et le marché. Elle englobe toute la chaîne de production, de l’approvisionnement en matières premières à la fabrication en passant par l’emballage, l’entreposage, le transport et la distribution. L’importance que gagnent les marchés émergents, les nouveaux modes de prestation des soins de santé, les licences évolutives et les préoccupations environnementales exercent des pressions sur les modèles logistiques actuels, et certains risquent de devenir désuets s’ils ne sont pas transformés.
La demande croissante pour les produits et services spécialisés fera des chaînes d’approvisionnement de demain l’élément distinctif pour les fabricants de médicaments et elles gagneront une place plus importante dans la réflexion stratégique des leaders du secteur, estime PwC. Le rapport souligne que beaucoup de sociétés devront se lancer dans une réévaluation stratégique de leur modèle de fabrication et de distribution et le réorganiser en profondeur au cours des dix prochaines années.
« La chaîne d’approvisionnement actuelle était bien adaptée à la logique de médicaments vedettes; toutefois, après la réforme du secteur de la santé, l’attention des sociétés pharmaceutiques s’est déplacée du produit vers le patient, et leurs processus d’approvisionnement doivent adopter la souplesse et la rapidité de d’autres compagnies de secteurs plus orientés vers le consommateur, tels l’électronique et la vente au détail de masse, explique Miriam Pozza, associée en Transactions et leader du groupe Pharmaceutique et sciences de la vie de PwC Montréal. Dans un monde où les résultats priment, les organismes du secteur de la santé doivent avoir une meilleure compréhension des patients et de leurs besoins. L’information est la nouvelle devise, et les données sous-jacentes du produit pourraient bientôt devenir aussi précieuses que le produit lui-même. »
PwC prévoit trois transformations majeures dans la chaîne d’approvisionnement au cours de la prochaine décennie. Celle-ci sera plus fragmentée, avec différents modèles pour différents types de produits et catégories de patients; elle deviendra un élément distinctif sur le marché et une source de valeur économique; enfin, elle fournira l’information à l’origine des flux de produits et services et facilitera l’échange de cette information entre la société pharmaceutique, le patient et le prestataire de soins de santé, aspect aussi important que le mouvement des produits.
« Les sociétés pharmaceutiques qui réussiront le mieux seront celles qui reconnaîtront la valeur sous-jacente de leur chaîne d’approvisionnement et qui sauront l’exploiter pour se démarquer au lieu de ne la percevoir que comme un coût, a indiqué Miriam Pozza. Ce sont les sociétés qui reconnaîtront que l’information est la valeur d’échange de l’avenir qui arriveront à se démarquer d’ici 2020. »
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