Lors de la consultation générale tenue à l’Assemblée nationale sur la planification de l’immigration, la vice-présidente, Québec, de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI), Mme Martine Hébert, s’est dite en accord avec les orientations ministérielles qui visent à maintenir annuellement à un minimum de 65 % de la part de l’immigration économique dans l’ensemble des admissions. Cependant, Mme Hébert estime qu’il y a place à amélioration dans la méthode de sélection des candidats pour mieux répondre aux besoins des PME. « Les dirigeants de PME du Québec sont perplexes devant l’inadéquation entre leurs besoins pour du personnel ayant des compétences techniques et intermédiaires et les données qui montrent que davantage de candidats de niveau professionnel ou ayant des compétences en gestion sont admis. Il faut recentrer les actions à cet égard », a expliqué Mme Hébert.
Selon les données les plus récentes de la FCEI, 42% des PME québécoises ressentent la pénurie dans les professions exigeant des compétences techniques et spécialisées. Elles sont 37 % à être confrontées à des difficultés de recrutement pour le personnel ayant des compétences intermédiaires et de travail de bureau. Et enfin, elles sont 13 % à rechercher des employés ayant des compétences élémentaires et à titre de manœuvres.
La FCEI est du même avis que le vérificateur général du Québec qui a récemment suggéré au ministère d’améliorer sa méthode de sélection en examinant les meilleures pratiques internationales, en modifiant sa grille d’analyse et en considérant d’autres moyens pour attirer des candidats répondant davantage aux besoins du marché du travail.
Les données de la FCEI démontrent que ce sont les entreprises du secteur de l’agriculture qui sont les plus touchées par la pénurie de main-d’œuvre tandis que la pénurie de compétences touche davantage le secteur de la finance, de l’assurance et des biens immobiliers. Le secteur du transport et celui de l’accueil et de l’hébergement, et, dans l’ensemble, au moins trois entreprises sur dix soulignent être aux prises avec les deux types de pénurie : main-d’œuvre et compétences.
De plus, selon M. François Vincent, analyste des politiques à la FCEI, « L’heure est venue de vérifier la possibilité de simplifier et de réduire encore plus les formalités administratives et réglementaires qui découragent les entrepreneurs à faire appel à l’immigration pour répondre à leurs besoins de main-d’œuvre qualifiée. »
En ce qui concerne la langue de travail, lorsqu’on demande aux PME quels sont les principaux problèmes liés à l’intégration des nouveaux arrivants dans l’entreprise ou dans la collectivité, sans surprise, la barrière de la langue arrive en première position (67 %) devançant presque du double les relations avec d’autres employés en raison des différences culturelles ou religieuses (39 %). Il importe donc, pour la FCEI, que les efforts qui ont été faits par le gouvernement ces dernières années pour répondre davantage aux besoins des entreprises quant à la francisation de leurs employés soient maintenus. Par ailleurs, la FCEI estime que la diversification des bassins géographiques est louable, mais le défi demeure et demeurera toujours de sélectionner les meilleurs candidats répondant aux vrais besoins du marché du travail et ayant des compétences de base leur permettant une intégration réussie – peu importe la provenance.
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