ACQ, APDQ et Teamsters demandent au premier ministre Legault d’agir rapidement et fermement contre le stratagème Chauffeur inc.
L’Association du camionnage du Québec (ACQ), l’Association des professionnels du dépannage du Québec (APDQ) et Teamsters Canada ont tenu ce matin à Montréal une conférence de presse conjointe pour interpeller le premier ministre François Legault sur le stratagème Chauffeur inc. qui sévit toujours plus fortement au Québec et qui, en plus de priver le gouvernement de milliards de dollars en charges sociales, représente une véritable menace à la sécurité routière dans la province.
«Les fraudeurs sont toujours plus nombreux à exercer leurs activités illégales en toute impunité au Québec. Ils mettent en péril non seulement la santé économique de nos entreprises, mais aussi la sécurité des usagers de la route. Il faut que le gouvernement Legault agisse plus rapidement et avec davantage de fermeté dans ce dossier d’intérêt public», a souligné Marc Cadieux, PDG de l’ACQ.

M. Cadieux a rappelé qu’un sondage mené auprès des membres de l’ACQ a révélé que 79% d’entre eux ont vu leur chiffre d’affaires diminuer à cause du stratagème Chauffeur inc. En outre, le tiers des entreprises sondées ont indiqué avoir dû effectuer des mises à pied en raison de ces baisses du chiffre d’affaires.
«Il y a urgence d’agir pour protéger nos entreprises et les travailleurs québécois qui exercent avec ferveur et engagement des métiers essentiels à l’activité économique de notre pays et de notre province», a indiqué M. Cadieux, ajoutant que les expéditeurs doivent aussi être conscientisés à l’existence de ce fléau et doivent prendre leurs responsabilités dans le choix de leurs transporteurs.
1,5 million $ en dépannages impayés
Le entreprises de dépannage subissent les dommages collatéraux du stratagème Chauffeur inc.. Le président de l’APDQ, Réjean Breton, a dénoncé les abus des Chauffeurs inc. «qui fragilisent l’industrie du remorquage» et dévoilé des chiffres inquiétants.
Au cours des 11 derniers mois au Québec, les pertes financières des entreprises qui ont dû s’occuper du dépannage de camions appartenant à des Chauffeurs inc. s’élèvent à plus de 1,5 million de dollars, selon les informations recueillies auprès de 18 des 385 membres de l’APDQ. Remorquage Rouillard, de Sherbooke, totalise à elle seule des pertes de plus de 310 000$.
| Entreprise de dépannage ayant effectué le travail de remorquage et de remisage à sa fourrière | Véhicule lourd abandonné sans paiement par : | Perte financière $ réelle |
| Remorquage QUÉBEC CENTRE (Drummondville) | Zxxx X Lxxxxxxx (1) Gxxx Transport (1) | 44 998,80 $ |
| Remorquage ROUILLARD (Sherbrooke) | xxx Expxxxx Inc. (1) 10xxxxxxx3 Canada Ltd (1) | 310 626,55 $ |
| Remorquage GROUPE MORIN (Saint-Jean-Sur-Richelieu) | Transport Bxxxxxl | 60 000,00 $ |
| Service Remorquage RIVE-SUD (Chateauguay) | Transport Lxxxxxx | 50 000,00 $ |
| Remorquage BELZILE (Abitibi) | Expxxxxx Lxxxxxxx 1xxxxxx4 xx ltee xxxxx Transp ltee | 60 494,12 $ |
| Remorquage TRANSPORT PLUS | Stxxxxx Cxxxxxx Cxxxxxxxn Nxxxxxxxl Vxxx xxil | 208 158,00 $ |
| Garage RENÉ BERTRAND (Portneuf) | xxx Transport Txxxxxxxxx | 119 151,00 $ |
| GROUPE LABERGE (Longueuil) | 1xxxxxxx9 Canada Inc. Xxxxxxx xxxxxxx Xxxxxx driver Inc | 113 963,65 $ |
| Remorquage JACK 2000 (Lévis) | Sxxxxx xxxxx Express Transport xxxxxx | 102 000,00 $ |
| Remorquage Lourd CANTIN (St-Félicien) | xxxxxxx | 10 000,00 $ |
| Remorquage BOISSONNEAULT (Granby) | Rxxxxx (xxxxxxxxxx) | 139 539,00 $ |
| Remorquage FERRON (Louisville) | Transport xxxxxxxxxxx | 5 194,57 $ |
| Remorquage LAROUCHE (Québec) | xxxxxx Inc. | 101 409,96 $ |
| Garage LAFORGE (Dégelis) | xxxxxx | 66 500,00 $ |
| Service Routier ÉRIC Robichaud (St-Aubert) | xxxxxxxxx | 49 500,00 $ |
| Remorquage ST-LAZARD (Les Cèdres) | xxxxxx X | 28 000,00 $ |
| Garage JP BILODEAU (St-Honoré) | xxxxxx Loxxxxxxx | 35 613,32 $ |
| SEULEMENT 18 compagnies, de régions différentes, sollicitées sur 385 membres APDQ. | TOTAL : | 1 505 148,97 $ |
«Les entreprises de dépannage au Québec sont une continuité opérationnelle des corps policiers. Lorsqu’un véhicule fait l’objet d’une panne, d’un enlisement ou d’une collision, une fois que les agents de la paix ont fait leur travail, une dépanneuse est appelée pour récupérer le véhicule. Cependant, on constate depuis quelques années, et surtout depuis quelques mois, lorsque vient le temps de payer la facture, dans le cas de beaucoup de véhicules Chauffeurs inc. ils ne veulent pas payer, ils n’ont aucun argent sur eux, que ce soit le conducteur ou le soi-disant propriétaire en Ontario», a expliqué M. Breton.
Lorsqu’une entreprise de dépannage signe un protocole d’entente avec un corps policier, elle est obligée de remorquer tout type de véhicule à la demande des corps policiers. En arrivant sur place, il faut qu’elle dégage le véhicule, elle doit se rendre à une prochaine sortie pour tenter de se faire payer. «Parfois, effectuer la récupération d’un véhicule peut prendre deux heures, mais on constate souvent que le paiement peut prendre six heures, sept heures, huit heures, si paiement il y a», poursuit M. Breton.
«Les entreprises de dépannage ne pourront pas continuer à effectuer des dépannages de ce type de véhicule là, à la demande d’un agent de la paix, sans être rémunérées. L’APDQ demande au gouvernement de mettre en place un mécanisme de garantie de paiement, mécanisme qui existe par ailleurs déjà en Ontario.
«L’État nous appelle via un corps policier pour récupérer un véhicule. Étant donné que c’est l’État qui nous demande de récupérer un véhicule sur le réseau public, on demande donc à l’État la garantie de paiement nécessaire afin de pouvoir continuer à bien servir les corps policiers au Québec et pour s’assurer que les routes sont bien dégagées. On demande à M. Legault de nous garantir le paiement de chaque facture pour lesquelles les corps policiers ont fait appel à nous.»
Jean Chartrand, conseiller spécial pour le syndicat des Teamsters, a tenu à préciser que les travailleurs pris dans l’engrenage du stratagème Chauffeur inc. sont coincés dans un «système d’exploitation pur et simple. Ce n’est pas le camionneur comme tel que l’on vise, ce sont les employeurs qui renseignent mal ces travailleurs».
M. Chartrand dénonce la concurrence déloyale qui est créée par les entreprises Chauffeurs inc. qui fait en sorte que les employeurs légitimes ne sont plus en mesure d’être concurrentiels dans le marché, ce qui a inévitablement des répercussions sur les camionneurs syndiqués et non syndiqués. Il exhorte les gouvernements du Québec et de l’Ontario à s’unir pour contre le stratagème qui a causé plusieurs pertes d’emploi au cours des derniers mois.
«On ne pourra pas regarder passer la parade et regarder nos travailleurs perdre leurs emplois sans réagir», a-t-il lancé.
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Il serait très intéressant que cet article puisse être traduit en anglais et publié dans vos magazines anglophones. Ceci pourrait amener les transporteurs canadiens à réaliser qu’il se passe des choses au Québec et du même coup peut être réaliser que ce m’est pas nécessairement le cas en Ontario
Bonsoir, merci pour cet article qui doit être diffusé au maximum.
J’espère que vous allez publier dans votre revue Today’s Trucking aussi!!
Bonjour a l’équipe.
Est il possible pour un resident permanent de creer son entreprise de transport routier en freelance au quebec?
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Tout à fait! En étant un véritable entrepreneur indépendant et incorporé.
Bonjour,
Article très intéressant. C’est un message de plus sur l’urgence d’agir sur ce fléau des drivers inc.
En esperant que ce sera aussi partagé dans votre revu Todays Trucking.
Merci.
Votre article devrait etre traduit chez votre partenaire truck news pour publication dans l espace anglophone de vos publications . mon commentaire fait suite a des representations faites auprès de moi , oui plusieurs requêtes reçus de membre transporteurs incluant des fournisseurs . J ai bien sûr inviter ceux ci a faire cette demande chez vous au delà de la demande a mon endroit