Attrix Cap Nord : la gestion des risques à travers la technologie
Les accidents et sinistres impliquant des véhicules lourds sont de plus en plus fréquents, ce qui peut représenter un véritable cauchemar pour les assureurs. Heureusement, les outils technologiques d’aujourd’hui permettent d’effectuer des évaluations de risques beaucoup plus approfondies, procurant ainsi un meilleur sentiment de sécurité aux entreprises.
«Le camionnage est très risqué. Il est donc essentiel de bien cerner les opérations de nos partenaires», a expliqué Patrice Veillette, directeur national de la gestion des risques pour le transport chez Intact Assurance, lors d’un panel à la conférence des utilisateurs Cap Nord d’Attrix à Mont-Tremblant.
«Ce qui déclenche des hausses de primes, c’est lorsque vous ne gérez pas bien vos risques et vos alertes. En entreprise, ça laisse des traces, puis ça se voit», a ajouté Benoit Lapierre, spécialiste en gestion des risques pour les flottes automobiles chez Aviva.

L’apport technologique
La télémétrie s’avère un outil inestimable pour l’évaluation des risques, car elle fournit une multitude de données exploitables par les assureurs. «La télémétrie, c’est super important parce qu’on peut suivre le conducteur», a souligné Yves Thériault, directeur du service de prévention chez Northbridge Assurance. «On peut annoter, puis donner de la formation pour corriger des situations – souvent avant qu’un accident ou une infraction ne survienne.»
Selon lui, la télémétrie favorise aussi la prudence au volant : «Quand tu gères ta télémétrie, les gens font plus attention. Tu économises du carburant, du temps d’entretien et tu conduis plus sécuritairement, surtout hors du Québec, là où les poursuites sont possibles et les conséquences importantes.»
La caméra embarquée demeure l’un des outils les plus prisés des assureurs: elle offre une vision claire des événements lors d’un sinistre et permet d’identifier les comportements à risque – distraction, non-respect des règles, etc.
«Les caméras contribuent grandement à la formation des conducteurs, car elles associent les événements à des images réelles, ce qui rend le mentorat beaucoup plus efficace», a souligné M. Veillette.
Ce dernier mentionne également d’autres technologies utiles, comme les systèmes d’arrêt d’urgence automatiques ou de suivi de distance. Mais il insiste sur la nécessité d’analyser régulièrement les données recueillies : «Il faut que les données soient analysées et traitées. Il ne faut pas les ignorer, ni les voir comme un moyen de punir les chauffeurs. C’est une façon de les aider à devenir meilleurs.»
Éviter les poursuites hors du Québec
Comme l’a rappelé M. Thériault, les accidents survenus aux États-Unis peuvent avoir des conséquences bien plus lourdes qu’au Québec.
«Au Québec, la culture repose encore sur la notion du “sans faute”, mais on voit cette approche s’étirer », a expliqué Éric Morasse, conseiller en prévention pour le transport chez EgR. «Aux États-Unis, les verdicts nucléaires sont fréquents : un accident grave peut littéralement anéantir une entreprise.»
L’utilisation d’outils comme les caméras embarquées peut offrir un avantage crucial en cas de poursuite, grâce à la documentation des faits.
«Je vous donne un conseil : dès que vos pneus franchissent la frontière du Québec, assurez-vous d’y être couverts par votre assureur», a averti M. Morasse. «Sinon, dans six mois, vous pourriez faire face à une réclamation sans rien de documenté.»
Être prêt pour l’adoption
Les avantages de la technologie peuvent toutefois être perdus si les entreprises n’en font pas bon usage.
«Quand vous avez vos données et des alertes, si vous ne les traitez pas, vous feriez mieux de fermer le système. Parce que si un accident survient, c’est comme si vous étiez au courant et que vous n’aviez rien fait», a prévenu M. Thériault.
Pour M. Morasse, la clé réside dans l’intégration de la sécurité à la culture d’entreprise : «Si la sécurité ne fait pas partie de votre ADN, peu importe les technologies que vous adoptez, vous ne les utiliserez pas. J’ai vu des investissements technologiques majeurs échouer parce que la culture n’était pas prête à gérer ces données.»
Faire preuve de transparence
Les assureurs apprécient avant tout la transparence de leurs clients.
«Les gens fiers de nous ouvrir leurs livres et de nous dire la vérité démontrent la qualité de leur culture d’entreprise», a partagé M. Lapierre. «Quand on est fier de ce qu’on fait, ça se voit, et c’est ce que nous valorisons.»
Pour les assureurs, la communication ouverte est essentielle à une gestion de risque efficace. «Mieux on vous connaît, mieux on peut vous aider et vous accompagner», a souligné M. Thériault.
Et de conclure M. Morasse : «On ne peut pas vous aider à corriger ce qui ne fonctionne pas si vous ne nous en parlez pas.»
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