Attrix Cap Nord : la santé de l’industrie dépendra des nouvelles technologies
Le camionnage connaît de nombreuses difficultés liées à la rétention des conducteurs, à la sécurité et à l’optimisation des opérations. Pour les participants d’un panel présenté lors de la conférence des utilisateurs Cap Nord d’Attrix, tenue à Mont-Tremblant, les outils technologiques représentent les meilleurs atouts pour relever ces défis.
«Je pense que nous essayons tous de prendre de meilleures décisions d’affaires, parce qu’avec l’économie à laquelle nous faisons face aujourd’hui, nous devons être plus intelligents dans tout ce que nous faisons», a déclaré Jamie Williams, directeur de la stratégie chez Attrix. «Tous les outils disponibles aujourd’hui pour les exploitants leur donnent une meilleure opportunité de succès. S’ils ne les avaient pas, ils pourraient être perdus.»
«Que vous soyez transporteur ou fabricant, vous avez besoin que le camion roule, sinon vous ne ferez pas d’argent. Donc, plus il y a de données échangées, mieux vous vous porterez en bout de ligne.»
Les intervenants s’entendent : les données permettent d’offrir toute l’information nécessaire pour bien gérer les opérations. Le principal défi reste de savoir par où commencer et comment exploiter les données intelligemment.

Rétention des conducteurs
Pour favoriser la rétention du personnel, les entreprises peuvent recourir à divers outils technologiques destinés à améliorer l’expérience des conducteurs – navigation, communication, gestion de l’itinéraire – afin de les rendre plus autonomes.
«On peut fournir des outils technologiques qui vont aider nos conducteurs à être meilleurs, plus efficaces, plus efficients, mais il y a aussi un défi d’apprentissage», a indiqué Alain Delisle, directeur chez Environnement routier NRJ.
Une formation continue est nécessaire, notamment pour les conducteurs occasionnels : «Parce que ça n’arrive pas fréquemment qu’on utilise ces outils technologiques tous les jours. Donc, il y a une question de récurrence qui fait en sorte qu’à un moment donné, il faut qu’on soit capable de les aider et de les accompagner là-dedans», a-t-il ajouté.
Pour les intervenants, l’outil incontournable à surveiller demeure l’intelligence artificielle.
«L’IA, si vous pensez que ça ne changera rien chez vous, dites-vous que c’est sûr que ça va le faire», a souligné Yannick Goupil, directeur des technologies, de la conformité et de la stratégie d’affaires chez Groupe Autobus Maheux. Selon lui, elle permettra notamment d’offrir du mentorat automatisé aux conducteurs. «C’est un apport important. La digitalisation d’entreprise, ça fait juste commencer avec l’intelligence artificielle.»
Anthony Mainville, président d’Attrix, se montre également convaincu du potentiel de l’IA. Même s’il admet que son implantation pourrait transformer certains emplois, il estime que le gain opérationnel sera majeur. «Je pense qu’on est vraiment dans l’ère d’avoir une assistante IA qui nous aide dans notre travail quotidien, sans avoir à employer autant de personnes que nous pensons avoir besoin», dit-il.
Aide à la sécurité
Plusieurs technologies contribuent déjà à améliorer la sécurité : caméras embarquées, systèmes intelligents détectant la distraction, la somnolence ou les manquements au Code de la route, etc. Elles permettent une rétroaction rapide et un suivi des comportements à risque.
M. Mainville reconnaît toutefois que les règles québécoises en matière de vie privée freinent l’adoption de certaines solutions. Néanmoins, les choses pourraient évoluer :
«Il y a beaucoup de gens qui ne sont pas d’accord avec moi, mais je pense que dans les prochaines années, avec tous les accidents qui ont lieu présentement sur la route, il va y avoir des discussions pour accélérer l’adoption technologique. Mais avant ça, il faut préparer nos chauffeurs, il faut les former, il faut parler justement de ces choses-là.»
Optimisation des opérations
Les technologies permettent également d’assigner le bon camion au bon trajet, selon le type d’activité, maximisant ainsi la valeur du matériel roulant et la rentabilité.
«Il faut se poser la bonne question : où va-t-on investir ?», rappelle M. Délisle. «Il y a une panoplie de choses qu’on peut faire. Je te dirais que le défi, c’est de savoir par où commencer, où ça va être le plus payant et le plus rentable.»
L’objectif : tester d’abord à petite échelle, comme le recommande Yannick Goupil, afin de valider le retour sur investissement.
Cette optimisation contribue également à l’écoconduite, ce qui améliore autant la sécurité que la réduction du carburant.
«Je pense qu’on sous-estime les bénéfices de l’écoconduite. Dans le processus de sécurité, on le voit beaucoup comme un élément de réduction du carburant. Mais la réalité, c’est que la consommation de carburant est un indicateur de performance de conduite sécuritaire. Et c’est là qu’on voit l’opportunité», a expliqué M. Mainville.
Grâce aux données, il devient possible d’identifier les conducteurs qui bénéficieraient le plus d’une formation d’écoconduite — améliorant leur sécurité tout en réduisant la consommation de carburant.
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