Aucun fabricant de camions n’échappe à l’impact des tarifs douaniers
Fabriquer tous ses camions aux États-Unis ne protège pas forcément contre les effets des tarifs douaniers. C’est le constat dressé par Jonathan Randall, président de Mack Trucks North America, lors de la FTR Transportation Conference.
«Nous en ressentons les effets dès maintenant», a-t-il affirmé. «Nous fabriquons actuellement tous nos produits aux États-Unis, ce qui nous désavantage par rapport à certains fabricants qui produisent au Mexique.»

Le problème : chaque composant importé est soumis à des droits de douane, ce qui peut représenter un coût plus élevé que sur un véhicule complet assemblé ailleurs. Mack dit travailler étroitement avec ses fournisseurs pour limiter l’impact, que ce soit par la relocalisation de certaines activités ou d’autres solutions créatives.
M. Randall prévoit que les tarifs resteront un facteur de pression en 2025, contribuant à l’incertitude qui freine les investissements des flottes. Après 18 à 24 mois de récession du fret et un excédent d’inventaire, les transporteurs hésitent à commander de nouveaux camions.
«Les flottes ne sont pas particulièrement motivées à investir pour le moment», a-t-il reconnu.
Si les véhicules vocationnels ont mieux résisté que les camions routiers, la concurrence accrue dans ce segment a entraîné une offre excédentaire. Les camions porteurs, par exemple, représentent désormais 15 à 16 % des immatriculations, contre 11 à 12 % auparavant.
«Le seul segment qui est resté incroyablement résilient et solide pour nous est celui de la collecte des déchets», a précisé Randall.
À ces incertitudes s’ajoutent les nouvelles règles d’émissions EPA27. L’U.S. EPA a remis en question les normes initiales, ce qui a freiné les achats anticipés attendus en 2024.
«Cette année devait être une année facile. Nous devions avoir un préachat. Cela ne se produira probablement pas», a reconnu M. Randall.
Mack envisage trois scénarios possibles pour 2027 :
- Maintien de la limite proposée de 0,035 g/NOx avec des garanties prolongées sur les systèmes de post-traitement ;
- Maintien de la même limite, mais avec un assouplissement des obligations de garantie ;
- Conservation de la norme actuelle de 0,2 g/NOx.
«Ils font de leur mieux pour prédire l’avenir et nous élaborons différents scénarios pour répondre aux exigences, quelles qu’elles soient, d’ici 2027», a-t-il expliqué, ajoutant qu’il est urgent d’obtenir des clarifications pour permettre aux fabricants de tester et certifier leurs moteurs.
Have your say
We won't publish or share your data