Bob Costello, de l’ATA, estime qu’un retour à la normale est envisageable en 2025
Un retour à la «normale» s’annonce pour l’industrie nord-américaine du camionnage au cours de l’année prochaine, une conjoncture que l’industrie n’a pas connue depuis la pré-pandémie.
Bob Costello, économiste en chef de l’American Trucking Associations (ATA), a dit aux participants à la Management Conference & Exhibition, tenue cette semaine à Nashville au Tennessee, que «chaque cycle est différent mais celui-ci ne l’est pas.»

Les principaux indicateurs du fret routier, a-t-il précisé, «ne vont pas empirer et, dans certains cas, pourraient même s’améliorer un peu.»
À savoir si les baisses de taux d’intérêt décidées par les autorités fédérales aideront les consommateurs, M. Costello a commenté : «Il faut beaucoup de temps pour que les hausses et les baisses du taux des fonds fédéraux se répercutent sur l’économie.»
Il a prédit que le PIB du troisième trimestre atteindrait une croissance d’environ 2,8%, se rapprochant ainsi des niveaux historiques. Si l’économie de consommation a bien résisté, la production des usines a baissé de 0,2 % cette année, ce qui a eu un effet négatif sur le transport de marchandises par camion.
Les inventaires des détaillants sont à des niveaux sains, a affirmé M. Costello, et ne devraient pas peser sur la demande de fret. Le marché de l’emploi américain reste solide, mais il ralentit, ce qui, selon M. Costello, est une bonne chose, car cela permettra au fédéral de continuer à réduire les taux d’intérêt. De plus, les États-Unis viennent de connaître leur plus longue période de chômage inférieure à 4% depuis les années 60.
L’endettement des ménages est préoccupant
Si l’endettement des ménages par carte de crédit est préoccupant, puisqu’il a récemment dépassé 1 000 milliards $ pour la première fois, M. Costello a fait remarquer que l’endettement total des ménages, exprimé en pourcentage du revenu disponible, se situe à des «niveaux assez bas.»
L’indice des prix à la consommation (IPC), qui mesure l’inflation, a connu des hausses séquentielles moins importantes et se rapproche de l’objectif de 2% fixé par le gouvernement. Cependant, il a augmenté de 22% depuis 2020 et les prix continuent d’augmenter, bien qu’à un rythme plus lent.
Ces facteurs macro-économiques laissent présager une légère amélioration des conditions de transport par camion, a souligné M. Costello. Il a également noté que les flottes privées insèrent davantage de fret, ce qui s’avère être un vent contraire pour le segment pour compte d’autrui.
Les coûts restent un défi pour les flottes qui doivent faire face à la stagflation. M. Costello note que les taux de demande sont en baisse, alors que les coûts continuent de grimper. «C’est une situation épouvantable», a-t-il déclaré. «C’est la raison pour laquelle nous sommes en récession. L’offre est en train de sortir, mais il faut en faire plus.»
Il s’attend à ce qu’il y ait davantage de faillites dans le secteur du camionnage.
«Je n’éprouve aucun plaisir à en parler», a-t-il souligné. «C’est l’un des aspects les plus difficiles de mon travail que de dire que davantage d’entreprises doivent faire faillite.»
Davantage d’échecs sont nécessaires
Toutefois, il a également reconnu qu’il faudrait que davantage de capacité quitte le secteur pour qu’il s’améliore, puisqu’il ne prévoit pas de forte croissance du fret.
Le parc de camions de charges complètes n’est actuellement supérieur que d’environ 1% à ce qu’il était avant la pandémie, tandis que les entrepreneurs indépendants sont moins nombreux aujourd’hui qu’ils ne l’étaient à l’époque.
En résumé, M. Costello a expliqué que la macro-économie s’est avérée résistante et qu’elle ralentit maintenant la croissance tendancielle. Selon lui, la plupart des facteurs de transport de marchandises par camion resteront inchangés ou s’amélioreront légèrement l’année prochaine.
Il a ajouté que davantage de capacité quitterait le marché, car les flottes luttent contre l’augmentation des coûts dans un environnement de croissance lente. Interrogé sur l’impact que les élections américaines pourraient avoir sur l’économie et le secteur lui-même, M. Costello a déclaré : «Les présidents sont beaucoup trop crédités et beaucoup trop blâmés pour l’économie.»
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