Budget fédéral : des milliards en défense, infrastructures de transport et intelligence artificielle
Le budget fédéral déposé hier par le premier ministre Mark Carney comportait plusieurs aspects intéressants, tant pour les transporteurs que pour les fabricants de véhicules lourds et leurs fournisseurs de pièces.
Infrastructures
Le Canada vise à doubler en 10 ans ses exportations hors des États-Unis, afin de se libérer de sa dépendance au marché américain.
Or, pour exporter en Europe, en Asie ou en Afrique, ça prend des ports et des routes pour que les camions puissent acheminer les marchandises jusqu’aux navires.

C’est ainsi que le budget de 2025 propose de verser 5 milliards $ sur sept ans à Transports Canada pour créer le Fonds pour la diversification des corridors commerciaux.
Cela impliquera la mise en place de nouveaux ports dans le nord du pays, mais aussi le soutien à des installations existantes, par exemple l’expansion du Port de Montréal avec son terminal de Contrecoeur.
Bref, les entreprises de camionnage d’ici feraient moins de mouvements de transport vers les États-Unis mais cette baisse de volume serait appelée à être compensée, du moins en partie, par des mouvements de transport plus fréquents vers des installations portuaires.
Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si c’est un navire naviguant dans des eaux glacées qui illustre la page couverture du budget.
IA et économies de carburant
Ottawa compte par ailleurs investir massivement – 925,6 millions $ sur cinq ans – dans le développement de l’intelligence artificielle (IA) au pays afin de stimuler la productivité des organisations, gouvernementales et privées.
« Nous pourrons ainsi nous concentrer sur les résultats et utiliser au mieux les fonds publics limités pour catalyser les investissements du secteur privé », peut-on lire dans le budget Carney.

Or, l’IA peut permettre aux transporteurs de réduire grandement leurs dépenses, notamment en carburant par l’optimisation de leurs opérations.
Jacques DeLarochellière, PDG de la firme technologique Isaac, a d’ailleurs illustré de façon éloquente hier que l’IA a permis à une entreprise de camionnage d’économiser 5 millions de litres de carburant, soit l’équivalant de 7 millions $ sur cinq ans.
Matériel militaire
Le Canada compte par ailleurs investir 82 milliards $ au cours des cinq prochaines années dans son système de défense.
Et une armée, ça utilise beaucoup de camions et de remorques.
Ces investissements pourraient avoir des retombées positives chez Paccar Sainte-Thérèse, qui multiplie depuis plusieurs mois les appels à ce que les gouvernements achètent des camions Kenworth et Peterbilt produits localement.
Les chances pourraient être multipliées avec les contrats militaires, qui favorisent nettement le contenu canadien.
Le Groupe Volvo pourrait aussi être de la partie. L’entreprise n’a pas d’usine de camions proprement dite au Canada mais ses usines d’autocars Prevost dans la région de Québec ont l’équipement et le savoir-faire nécessaire à l’assemblage de camions militaires, comme lorsqu’on y a fabriqué 1 500 camions Mack destinés à l’armée, à la fin de la décennie 2010.

Hino, avec son usine de camions de Woodstock, en Ontario, pourrait également récolter une part du gâteau, tout comme Manac avec ses remorques, elle qui a déjà ses entrées au ministère de la Défense.
Superdéductions à la productivité
Autre bonne nouvelle pour les fabricants de camions, de remorques et de pièces de véhicules lourds de partout au pays : le budget d’hier prévoit allouer 13 milliards $ sur cinq ans pour stimuler l’acquisition d’actifs (machinerie de production, bâtiments) qui permettent d’améliorer la productivité des entreprises manufacturières en leur permettant d’amortir plus rapidement leurs investissements.
« La déduction bonifiée offrirait une déduction de 100% dans la première année d’imposition au cours de laquelle le bien admissible est utilisé pour la fabrication ou la transformation », écrit le gouvernement Carney dans son document budgétaire.

« Le budget de 2025 est un budget d’investissements. Des investissements générationnels pour relever les défis du moment et veiller à ce que notre pays ne se contente pas de tenir le coup, mais plutôt qu’il s’en sorte plus fort », a déclaré le ministre des Finances, François-Philippe Champagne, en marge du dépôt du budget.
Rappelons que ce budget, tel qu’annoncé il y a quelques jours, prévoyait également des sommes et des ressources pour mieux lutter contre le stratagème Chauffeur inc., comme vous pouvez le constater en lisant le texte ci-dessous.
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