Camionneur décédé dans une carrière inondée : le chauffeur a été mal dirigé, dit la CNESST

Le 19 décembre 2023, un chauffeur de camion a perdu la vie dans la carrière inondée de la compagnie Lafarge à Montréal-Est, alors qu’il était prisonnier de la cabine de son poids lourd, complètement immergé.

Le conducteur du poids lourd avait emprunté le chemin principal comme c’est l’habitude, en raison d’une gestion de la circulation des véhicules déficiente.

Ce chemin principal était pourtant impraticable et dangereux, n’étant pas adapté à une circulation des véhicules lors d’une inondation. C’est ce qui a provoqué la déviation du camion à droite de sa trajectoire et sa chute dans le fossé, conclut le rapport d’enquête de la CNESST dont les conclusions viennent d’être rendues publiques.

Camion pris dans l’eau glacée de la carrière Lafarge de Montréal-Est
La cabine du camion a pu être sortie de l’eau, mais trop tard pour éviter le décès du chauffeur. (Photo : Groupe CNW/CNESST)

Tentatives de sauvetage

Lorsque l’accident s’est produit, le chauffeur de camion a utilisé sa radio pour lancer un appel de détresse, indiquant qu’il était coincé et demandant de l’aide.

Seulement, plusieurs personnes qui ont entendu l’appel ont cru qu’il était simplement enlisé et n’ont pas estimé la situation critique. Lorsque des collègues ont tenté d’entrer en contact avec lui de nouveau, sans succès, tous ont compris que la situation était probablement plus grave.

Un opérateur de chargeuse qui avait entendu l’appel sur la radio a aperçu le camion dans le fossé. Il a tenté de s’en approcher par l’avant, mais son véhicule s’enlisait lui aussi dangereusement. Il a ensuite tenté d’approcher le camion par l’arrière pour le pousser, sans plus de succès.

À ce moment, il n’y avait plus que la benne qui était visible à la surface de l’eau.

Un deuxième opérateur de chargeuse s’est alors présenté mais a fait face aux mêmes problèmes d’enlisement. Les deux opérateurs ont reçu de l’équipe de sauveteurs l’ordre de ne plus rien tenter, d’autant plus qu’il y avait un risque d’accrocher un câble électrique souterrain de 22 000 volts qui passait derrière la position du camion.

« Quelques heures plus tard, une équipe de plongeurs du SPVM sort le chauffeur de la cabine du camion-benne. Son décès est constaté sur les lieux », peut-on lire dans le rapport de la CNESST.

Capacité de pompage insuffisante

Outre le balisage déficient et le mauvais entretien du chemin principal, la CNESST a retenu cette autre cause pour expliquer l’accident de travail mortel :

« Les fortes précipitations de pluie, combinées à une capacité de pompage insuffisante des accumulations d’eau, ont inondé le chemin principal ainsi que les fossés de drainage, ce qui a entraîné l’immersion complète du camion », dit la CNESST par voie de communiqué.

À la suite de l’accident, l’agence gouvernementale a interdit l’utilisation du chemin principal menant à la zone de chargement à la carrière Lafarge.

Le 1er mai 2024, il y a un an jour pour jour, l’interdiction d’utilisation du chemin principal a été levée puisque l’employeur a élaboré une procédure d’intervention en cas d’inondation et informé et formé les travailleurs à ce sujet.

Mesures de prévention

« Pour prévenir les accidents lors du déplacement de véhicules dans les carrières à la suite d’inondations, des solutions existent, notamment identifier et analyser les dangers liés aux inondations dans la carrière et mettre en place les mesures pour les éliminer, notamment un balisage et un entretien adéquats des chemins destinés à éviter que les camions se retrouvent dans l’eau », ajoute la CNESST.

Le rapport d’enquête sera transmis à différentes associations de l’industrie de la construction, de même qu’à tous les gestionnaires de mutuelles de prévention.


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