Camions lourds sur le pont de Québec : le fédéral relance l’idée, l’ACQ l’accueille favorablement
Le gouvernement du Canada est redevenu propriétaire du pont de Québec, jusqu’à récemment propriété du CN. Et Ottawa aimerait bien pouvoir y faire passer des camions lourds en abaissant son tablier afin de libérer de l’espace en hauteur.
Une telle solution permettrait le transport de marchandise entre Québec et Lévis en cas d’avarie majeure ou prolongée du pont Pierre-Laporte, remettant alors en question la pertinence d’un troisième lien pour des raisons de sécurité économique, comme le propose le gouvernement Legault.

C’est d’ailleurs le gouvernement du Québec qui est propriétaire du tablier du pont de Québec, même si l’ouvrage appartient au gouvernement du Canada. Ainsi, toute modification au tablier pour y faire circuler des camions lourds devrait obtenir l’aval de Québec.
Le ministre fédéral Jean-Yves Duclos est député de Québec-Centre à Ottawa et croit que les deux paliers de gouvernement peuvent s’entendre pour optimiser la circulation des camions dans la région de la Capitale-Nationale.
Il a réitéré aujourd’hui que la capacité portante du pont est suffisante pour accueillir des camions, rappelant que des poids lourds y ont circulé de 1952 à 1993.
L’ACQ favorable à cette solution de rechange
Dans un échange de courriels avec Transport Routier, le PDG de l’Association du camionnage du Québec (ACQ), Marc Cadieux, convient que le pont de Québec possède des accès sur les deux rives en milieux urbains mais estime que ceux-ci sont plus ou moins adaptés aux véhicules lourds.
« Toutefois, la possibilité que les véhicules lourds puissent l’emprunter pourrait permettre le transfert d’une partie du trafic du pont Pierre-Laporte et offrir une solution de rechange lors de travaux ou d’accidents sur ce dernier. Il serait donc pertinent d’examiner la possibilité de permettre la circulation des véhicules lourds sur le pont de Québec », estime M. Cadieux.
« C’est un pont existant, il peut avoir son utilité », ajoute le porte-parole de l’industrie du camionnage.
L’ACQ persiste cependant à croire qu’un nouveau troisième lien autoroutier pour le transport lourd entre Québec et Lévis est la solution à long terme.
« Tout ce qui peut donner une fluidité et une meilleure livraison à mon industrie, de meilleures voies de circulation à mon industrie, je me dois d’être pour », dit M. Cadieux en entrevue téléphonique.
Réhabilitation du pont et groupe consultatif
Peu importe le scénario retenu, il faudra d’abord réhabiliter le pont de Québec. Le gouvernement du Canada a annoncé plus tôt aujourd’hui la création d’un groupe consultatif à cet effet, accueillant autour d’une même table des élus locaux, des représentants des gouvernements fédéral et provincial, des Premières Nations ainsi que des gens d’affaires de la région.
Le plan de réhabilitation doit être complété d’ici deux ans.
La société d’État fédérale Les Ponts Jacques Cartier et Champlain Incorporée (PJCCI) est l’entité responsable d’élaborer et de mettre en œuvre ce programme de réhabilitation, s’appuyant sur les opinions, informations et conseils provenant des membres du groupe consultatif cité plus haut.
L’ACQ compte faire des représentations afin d’être entendue à ce groupe consultatif.
Le pont de Québec accueille présentement une moyenne de 33 000 véhicules par jour, dont des autobus de transport en commun.
« Nous sommes réjouis de souligner aujourd’hui la formation de ce Groupe consultatif sur la réhabilitation du pont de Québec dont les membres, qui sont bien au fait des besoins et attentes de la collectivité, contribueront à appuyer PJCCI dont le mandat est d’assurer la pérennité de cette infrastructure historique et essentielle pour les résidents de Québec et Lévis, mais aussi pour l’économie du Canada et du Québec », a déclaré Joël Lightbound, ministre fédéral de la Transformation du gouvernement, des Travaux publics et de l’Approvisionnement, lui aussi député de la région dans la circonscription de Louis-Hébert.
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