Camo-Route : bilan d’une année sous une nouvelle direction
Camo-Route, le comité sectoriel de la main-d’œuvre en transport routier, a tenu son assemblée générale annuelle le 24 septembre 2025, la première depuis les récents changements à la direction de l’organisation.
En effet, plusieurs nouveaux membres ont intégré l’équipe de direction, notamment Nathalie Messias, entrée en fonction comme directrice générale de Camo-Route le 29 novembre 2024.

«Son arrivée représente une belle occasion de donner un nouvel élan à notre organisation et d’avancer ensemble vers une étape prometteuse», a déclaré Josyanne Pierrat, coprésidente du conseil d’administration de Camo-Route.
«Animée d’une vision claire et rassembleuse, la nouvelle directrice générale souhaite mettre en place une stratégie qui renforcera notre efficacité au quotidien, tout en nous donnant une perspective globale pour relever les défis à venir. Cette approche se veut à la fois concrète, tournée vers l’opérationnel, et inspirante, afin que chacun et chacune puisse contribuer pleinement à notre mission commune.»
Le comité a recensé 47 actions réalisées au cours de l’année, dont 15 projets développés et diffusés pour les entreprises de transport routier. Au total, 127 entreprises ont pris part à ces projets. Camo-Route a également reçu 11 238 526 $ en subventions gouvernementales pour soutenir le développement de la main-d’œuvre dans l’industrie.
«Camo-Route a cette capacité de démontrer que le transport est une industrie de choix, moderne et profondément humaine. On le sait, la difficulté à recruter touche toutes les industries actuellement», a affirmé Mme Messias.
Formations et projets de développement
Parmi les projets phares en 2024-2025 figurent des initiatives de formation ciblées, notamment :
- Les volets 4 et 5 du DEP en transport par camion spécialisé ;
- Le Programme d’entretien préventif (PEP) en mécanique de véhicules lourds routiers ;
- Le volet 4 du projet Écoconduite, portant sur la conduite préventive en milieu urbain ou en centre de distribution.
D’autres projets visaient les bonnes pratiques en ressources humaines :
- Une activité de concertation sur l’équité, la diversité et l’inclusion ;
- La promotion d’outils en gestion de ressources humaines (GRH) ;
- La formation de formateurs/trices en conduite de camions ;
- Le deuxième volet de la formation aux compétences de base pour l’utilisation des fonctionnalités d’un téléphone intelligent.
Valorisation des métiers
Camo-Route a aussi misé sur la valorisation des métiers liés au transport routier. Le projet le plus emblématique en ce sens est le Parcours immersif 360 – Géant des routes, une série documentaire qui met en lumière les personnes œuvrant dans divers métiers de l’industrie.
«C’est un projet qui a voulu mettre l’humain au cœur de notre industrie, projeter une image fédératrice et rassembleuse», a souligné Mme Messias. «Il illustre très bien la vitalité de notre secteur, mais aussi l’engagement des travailleuses et travailleurs qui le composent.»
Le projet Choisir une carrière dans le transport routier, qui promeut les métiers via des capsules numériques, complète cette stratégie de rayonnement. Mme Messias a également fait l’annonce officielle du projet Femmes dans le transport routier, qui avait eu un finacement de Desjardins Caisse des Transports une semaine plus tôt.
Camo-Route planche aussi sur plusieurs études et analyses, notamment sur les gestionnaires de premier niveau, tout en amorçant le renouvellement de sa planification stratégique.
Leçon économique de Desjardins
L’assemblée générale s’est conclue par une conférence de Florence Jean-Jacobs, économiste principale chez Desjardins, portant sur les perspectives économiques dans un contexte d’incertitude commerciale.

Mme Jean-Jacobs a d’abord rassuré l’auditoire en précisant que près de 90 % des produits canadiens exportés sont exemptés de tarifs grâce à l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM). Cependant, certains secteurs comme le cuivre, l’aluminium, l’acier et les produits automobiles restent plus exposés, bien que le tarif moyen effectif sur l’ensemble des exportations canadiennes demeure à 3 %.
Malgré cela, le volume d’exportations canadiennes a chuté au deuxième trimestre. Des mesures de soutien ont été mises en place, telles que :
- La politique d’approvisionnement « Achetez canadien » ;
- Un allègement tarifaire de six mois pour les fabricants ;
- Un soutien financier aux exportateurs des secteurs manufacturiers et primaires.
L’économiste anticipe une reprise progressive de la croissance accompagnée d’une légère amélioration des exportations. Toutefois, le Québec, tout comme l’Ontario et le Manitoba, connaîtra une croissance plus modérée en 2025-2026.
Le secteur du transport et de l’entreposage, fortement exposé aux échanges avec les États-Unis, est particulièrement vulnérable aux tarifs douaniers. En combinant tous les secteurs à risque, environ 4 % des emplois au Canada et au Québec seraient menacés.
Malgré tout, Mme Jean-Jacobs estime que la Banque du Canada devrait amorcer prochainement une série de baisses de taux, ce qui stimulera l’investissement des entreprises à mesure que l’incertitude se dissipe.
Elle signale néanmoins plusieurs freins, notamment le ralentissement démographique, notamment en raison d’une baisse des résidents non permanents, alors que ceux-ci représentaient 4,7 % de la main-d’œuvre dans l’industrie du transport en 2021. «C’est un problème majeur, parce qu’on revient d’une période où l’immigration a joué un rôle clé pour stimuler l’économie et pourvoir des postes dans des industries en pénurie de main-d’œuvre», a souligné Mme Jean-Jacobs.
Transport et conjoncture
Bien que le volume de fret ait légèrement augmenté en 2024, ce n’est pas le cas pour le transport routier. Le deuxième trimestre a été marqué par un recul du volume, particulièrement en raison de la baisse du nombre de camions franchissant la frontière américaine.
Mme Jean-Jacobs évoque toutefois des opportunités pour le secteur canadien du transport, notamment à travers des projets de diversification commerciale et de renforcement du commerce interprovincial.
«Le transport est vraiment névralgique. Pour faire avancer ces projets structurants, il faut renforcer les courroies de transmission économiques et l’interconnectivité du territoire , a-t-elle conclu.
Aux États-Unis, les perspectives demeurent modestes, marquées par un repli du commerce international, un ralentissement de la création d’emplois et une croissance du PIB qui devrait rester modérée au cours des prochains trimestres.
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