Chantiers routiers : les ingénieurs de l’État se dotent d’un mandat de grève

L’Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du Québec (APIGQ) annonce que ses 1936 membres ont voté à 88 % pour se doter d’un mandat de grève. Le taux de participation a été de 85,5 %.

Rappelons qu’une bonne partie de ces ingénieurs sont affectés à des inspections de structures routières ainsi qu’à la supervision de chantiers routiers pour le compte du ministère des Transports et de la Mobilité durable (MTMD).

Pompe à béton sur une structure du tunnel la Fontaine
(Photo : MTMD)

Un éventuel arrêt de travail pourrait ainsi avoir un impact sur des chantiers majeurs tels que ceux du tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine, du pont de l’Île-aux-Tourtes ou encore du pont Laviolette à Trois-Rivières, puisque certaines étapes requièrent l’approbation des ingénieurs.

« L’ingénieur du gouvernement est essentiel à la bonne conduite des travaux d’infrastructures routières », confirme la porte-parole de L’APIGQ, Marie-Lou Freymann, dans un échange de courriels avec Transport Routier.

Elle se garde toutefois d’évoquer pour le moment toute forme de scénario catastrophe sur nos routes, rappelant qu’aucune grève n’est déclenchée ni même prévue. Il ne s’agit pour l’instant que d’un mandat.

« L’APIGQ va donner une chance à la table de négociation », indique Mme Freymann, préférant ne pas commenter sur les aspects de la négociation qui achoppent.

Les ingénieurs de l’État sont en négociations depuis un an avec le gouvernement du Québec pour le renouvellement de leur convention collective. Dans le communiqué qu’il a émis, le syndicat des ingénieurs demeure évasif sur la nature de ses demandes et de ses attentes.

Il est question de « conserver des acquis » sans préciser lesquels, d’intégrer à la convention collective les « nouvelles réalités du travail » sans dire de quelles réalités il est question et d’obtenir des conditions de travail qui « reconnaissent leur valeur », encore une fois sans élaborer sur la nature de ces conditions de travail.

« Avec ce mandat de grève, nous espérons que la négociation pourra désormais progresser de façon constructive et avec un minimum de respect », déclare Marc-André Martin, président de l’APIGQ.

Services essentiels

Rappelons que, à l’été 2022, le même syndicat avait aussi connu un conflit de travail, et que plusieurs épisodes de débrayage avaient été déclenchés. Les conditions salariales et le maintien à l’interne de l’expertise des ingénieurs de l’État étaient alors au cœur du litige, comme on peut le voir dans le texte dont le lien apparaît au bas de cette page.

Avant que les parties n’en arrivent à un accord de principe pour mettre fin à la grève en juillet 2022, une entente avait été scellée afin que les ingénieurs assurent les services essentiels liés à leurs fonctions, soit les inspections de sécurité sur les portions du réseau routier québécois qui relèvent de leur compétence.


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