Chômeurs des tarifs douaniers : l’assurance emploi plus accessible
Des entreprises de camionnage sont forcées de mettre à pied des travailleurs en raison de la perte du volume d’affaires causée par la guerre des tarifs douaniers. Le gouvernement du Canada vient d’annoncer une série de mesures visant à faciliter l’accès à l’assurance-emploi à ces « chômeurs des tarifs ».

Il y avait déjà, depuis un peu plus d’une semaine, l’initiative du travail partagé qui rend admissibles à des prestations partielles d’assurance-emploi les personnes qui acceptent de travailler un nombre d’heures réduit en raison d’une baisse des activités sur laquelle l’employeur n’a pas de contrôle.
À cela, le fédéral ajoute les mesures suivantes, qui entreront en vigueur le 30 mars :
- Moins d’heures requises, prestations prolongées. Dans un premier temps, Ottawa augmente artificiellement les taux de chômage qui sont utilisés pour déterminer l’accès aux prestations d’assurance-emploi et leur durée. « Cette mesure temporaire réduira le nombre d’heures requises pour être admissible aux prestations régulières à un maximum de 630 heures et augmentera le nombre de semaines d’admissibilité d’un maximum de quatre semaines supplémentaires », indique Emploi et Développement social Canada (EDSC) par voie de communiqué. La durée prévue de cette mesure est présentement de trois mois.
- Ne plus attendre que le travailleur soit à sec. EDSC annonce également qu’elle permettra aux demandeurs de recevoir des prestations d’assurance-emploi plus tôt, en suspendant les règles relatives au traitement des indemnités de licenciement, congés payés, et autres indemnités de départ, de sorte qu’ils n’auront pas à être épuisés avant que les demandeurs commencent à recevoir des prestations d’assurance emploi. Cette mesure sera en vigueur pour une durée de six mois.
- Suspension du délai de carence. Enfin, le gouvernement fédéral annonce la suspension du délai d’attente afin que les travailleurs puissent recevoir des prestations dès la première semaine de chômage, les aidant ainsi à s’adapter plus facilement à une baisse de revenu. Tous les types de demandeurs peuvent bénéficier de cette mesure, qui doit être en vigueur pour une durée de six mois.
« Les travailleurs canadiens se sont toujours montrés résilients lorsque confrontés à de grands défis. Cependant, les droits de douane, de même que l’incertitude économique qui en découle, sont hors de leur contrôle. C’est pourquoi le gouvernement du Canada agit rapidement pour modifier des programmes essentiels qui protègent les emplois et les travailleurs canadiens ainsi que l’économie du pays », a déclaré Steven MacKinnon, ministre de l’Emploi et des Familles.
La Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) a salué la décision de suspendre le délai de carence.
« Cela veut dire que, dès sa mise à pied, à compter du 30 mars, un travailleur ou une travailleuse pourra recevoir une allocation de chômage payable dès le premier jour », s’est pour sa part réjouie Magali Picard, présidente de la FTQ.
« Par ce geste, même s’il est limité dans le temps, Ottawa fait preuve d’ouverture dans le contexte économique actuel », a ajouté la dirigeante syndicale, selon qui en temps de menaces, gouvernements et regroupements de travailleurs ont intérêt à travailler ensemble.
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