Colloque Transport 4.0 : la place de l’IA dans la chaîne d’approvisionnement
Au sein de la chaîne d’approvisionnement, l’intelligence artificielle apporte de nombreux bénéfices, que ce soit l’efficacité opérationnelle, une meilleure gestion de la mobilité durable ou une réduction des coûts au sein des opérations. Cependant, la technologie continue à faire face à de nombreuses barrières.
«Aujourd’hui avec l’IA, on est capable de prendre n’importe quel type de données, puis de les structurer de la manière dont on a exactement besoin», a expliqué David Proulx, PDG de Bullseye AI, dans un panel sur le sujet lors du colloque Transport 4.0 : l’Ère du numérique à grande vitesse ! d’InnovLOG.
«C’est une question de coordination et de recherche opérationnelle. Ce sont des mathématiques au final», a ajouté Dorianne Deshaies, conseillère en stratégie IA chez Explor.AI. «Donc, il faut se demander comment appliquer l’IA dans son entreprise.»

Éviter les erreurs humaines
Dans l’industrie du camionnage, l’intelligence artificielle permet de recueillir de nombreuses données sur les performances des camions, notamment sur l’écoconduite et le rendement des chauffeurs. Ces données permettront de nourrir l’algorithme et, ainsi, d’optimiser la répartition des chauffeurs pour les envoyer sur une route qui correspond le plus à leurs paramètres et qui procurera une meilleure efficacité opérationnelle.
L’intelligence artificielle peut également faciliter tout ce processus, car il évite de commettre trop d’erreurs constantes comme en font les humains. «C’est très difficile de remplacer les employés, et on veut croire en l’entreprise, mais c’est aussi compliqué de croire proportionnellement que cette équipe est capable de toujours faire de bonnes estimations. Car quand elle se trompe, ça coûte cher», explique Mme Deshaies.
Néanmoins, malgré le fait que l’intelligence artificielle peut s’avérer plus rapide, précise et efficace qu’un simple employé, il ne faut pas négliger le fait que c’est ce dernier qui garde la machine en marche. «L’humain reste au cœur de la décision, mais les personnes qui sont affectées à l’IA doivent savoir que c’est eux qui vont prendre la décision», a affirmé Edward Ko, PDG de Mely.ai Solutions Inc. «C’est cette idée qu’il faut aider à mettre en place.»
Une autre culture
Une des grandes craintes liées à l’implantation de l’intelligence artificielle, c’est que puisqu’il il s’agit d’un tout nouvel outil, certains craignent de voir leur travail complètement changé.
«Le changement de culture, c’est difficile à accepter, surtout quand la personne sait que son travail va se faire remplacer par un robot», a souligné M. Ko. «Il faut aussi donner beaucoup de matériel pour aider cette personne à se dire : ok, ta job ne sera pas perdue, ton rôle est toujours important.»
Le PDG de Mely.ai pense qu’il est important que les entreprises offrent de la formation et de l’accompagnement adéquat aux employés pour leur montrer comment utiliser efficacement l’intelligence artificielle au sein des opérations de la compagnie.
«Il faut s’adapter et être patient avec l’IA», a indiqué M. Ko. «Prenez le temps de bien vous entraîner, sachez où sont les impacts positifs et négatifs et, si vous prenez un risque, comment est-ce que c’est négatif et quels sont les processus pour les rattraper si jamais on fait une erreur. Il faut établir tout ça avant de mettre en place. C’est ce qui est le plus important.»
Une technologie plus complexe
Un autre aspect à prendre en compte, c’est que certaines personnes pensent que l’intelligence artificielle peut tout faire par elle-même. Cependant, son utilisation reste assez complexe.
Puis quelquefois, c’est un peu contre-intuitif parce qu’avec tout ce qui sort comme capacité de l’IA, il y a vraiment l’effet qui fait qu’on se dit «Oh wow, ça peut faire ça, ça peut faire ça!», a expliqué Mme Deshaies. «Les capacités sont incroyables, donc ça nous donne le goût d’y avoir accès puis de résoudre des choses complexes.»
Selon elle, c’est une erreur importante que font les entreprises qui viennent d’implanter un système d’IA. En effet, si elles visent des projets plus complexes alors qu’elles manquent d’expérience à la matière, elles ne pourront pas accomplir grand-chose. Mme Deshaies conseille donc de se familiariser avec des projets plus simples, par exemple des tâches administratives.
Les bonnes personnes derrière
Selon Mathieu Charbonneau, vice-président et directeur général de la division transport d’Airudi, le succès de l’implantation de l’IA sera possible si ce sont les bonnes personnes qui gèrent les bonnes données de façon optimisée.
«Il faut que les entreprises aient cette capacité de bien s’entourer et d’avoir des gens à l’interne qui ont la même vision. Mais il faut y consacrer du temps, c’est là que l’aide externe, notamment gouvernementale, va aider énormément.»
David Proulx est en accord avec l’importance de l’aide financière venant du gouvernement, mais juge que les délais d’obtention de subventions sont un frein important aux projets numériques d’envergure.
«Au Québec, on a ce problème que tous les projets d’amélioration numérique vont toujours être en pause dans le contexte de l’obtention d’une subvention», a-t-il fait part. «Le projet est rentable, mais il faut quand même attendre de quatre à six mois, des fois que le gouvernement payerait un morceau. Donc ça, ça ralentit.»
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