Colloque Transport 4.0 : les données sont primordiales pour une mobilité durable

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La gestion des données est un élément important pour le développement durable de l’industrie du camionnage. C’est ce qu’ont rappelé les invités d’un panel sur la question lors du colloque Transport 4.0 : l’Ère du numérique à grande vitesse, organisé par InnovLOG.

«Dans la gestion des flottes, il y a des éléments qui sont vraiment déterminants, mais le défi de l’optimisation est encore plus grand avec les flottes électriques. Les éléments de télémétrie sont obligatoires», a affirmé Michel Veilleux, directeur principal pour les services et conseil stratégique en transport et infrastructure chez WSP Canada.

«Dans nos projets chez WSP Canada, on réalise souvent que le gros problème qu’on a est avec la donnée. En fait, on ne l’a pas, elle est parcellaire. Un des gros enjeux technologiques, c’est justement le traitement de la donnée. Je sais que ce n’est pas récent et que ce n’est pas de l’innovation pure, mais c’est de ça qu’on a besoin.»

De gauche à droite, Daniel Vendette, président-fondateur de Conseil 2.0, Catryn Pinard, Jean-Philippe Bertrand et Michel Veilleux. (Photo : David Simard-Jean)

En effet, la gestion des données permet de nombreuses possibilités aux flottes, comme l’optimisation des routes, la gestion du carburant ou la vérification de l’état du véhicule.

«C’est le pouvoir de ces données», a souligné Jean-Philippe Bertrand, directeur des opérations chez Isaac Instruments. «Elles nous permettent, par exemple, de choisir des routes ou de savoir quand on peut changer des camions. C’est très précieux pour prendre des décisions d’affaires qui sont pertinentes. Il y en a qui vont au pif, mais ces données, pourvu qu’elles soient bien comprises, vous aident à être plus compétitif.»

Avec un véhicule électrique, il faut prendre en compte tous ces éléments, mais également l’autonomie de la batterie et la puissance de la recharge, ce que des données bien organisées permettent de faciliter. «Le gros défi, c’est la recharge, c’est la gestion des flottes, ce sont plusieurs éléments d’information à prendre en compte. Ça, on le sous-estime complètement», a précisé M. Veilleux.

S’adapter et comprendre les nouvelles technologies

Cependant, il ne faut pas oublier que ce n’est pas tout le monde qui est à l’aise avec la technologie.

«On a beaucoup de difficultés à traiter ou à comprendre ça. Il faut les bons outils et les bons partenaires, parce que les compagnies de transport n’ont pas nécessairement une expertise dans les données technologiques», a souligné M. Bertrand.

Il conseille notamment aux entreprises de se faire la main en initiant plusieurs petits projets pilotes simples, comme l’intégration d’un seul camion électrique ou bien gérer les données pour un aspect précis de l’entreprise, et non pas de tout miser sur un grand projet d’envergure qui demande plus de complexités.

Il faut aussi prendre en compte l’impact important qu’aura l’intelligence artificielle. Pour Catryn Pinard, présidente de Nationex : «Tout devrait se faire avec l’AI aujourd’hui. L’humain ne devrait plus prendre de décisions. Chez nous, on met beaucoup d’énergie dans l’intelligence artificielle et on essaie vraiment de comprendre nos données.»

Le mot clé : collaboration

Les panélistes se sont accordés à dire que pour faire avancer la gestion des données dans le transport vert, il faut une grande collaboration avec les différentes partie prenantes. Cela inclut une aide du gouvernement.

«Je pense qu’il faut travailler avec les gens et les ministères qui veulent construire des choses, mais également avec eux pour mettre au point des solutions innovantes dans un processus d’élaboration du projet», a indiqué M. Veilleux.

Une aide gouvernementale doit notamment se faire au niveau financier, entre autres en offrant des subventions pour les gens du secteur. «Il ne faut pas voir ces outils ou ces dépenses comme des coûts, vous pouvez les voir comme des investissements qui vous amènent ailleurs», a fait part M. Bertrand. «C’est autant valable pour une compagnie que pour le gouvernement, qui prend certes l’argent des taxes et des impôts, mais pour un bénéfice à la société en fin de compte.»

«Comment est-on capable de venir travailler tout ensemble? Pour moi, c’est le plus grand défi», a déclaré Mme Pinard. «En ce moment, ce n’est pas rentable, mais il faut tenter les choses, puis il faut se faire aider. C’est là que le gouvernement, pour moi, devient vraiment important.»

La directrice de Nationex ajoute que cette collaboration entre l’industrie et le gouvernement doit également se construire avec un partage des données. «Ça ne veut pas dire que tu connais mes secrets commerciaux, ça veut juste dire qu’on est capable peut-être, dans une société où on veut diminuer notre empreinte écologique et augmenter notre productivité, de dire qu’on va être capable de partager une partie de ça. Je pense qu’il y a du travail d’équipe qui peut être fait, même si on veut garder nos secrets d’état.»


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