Comment la technologie aide Groupe Nadeau et Loyal Express à relever les défis de sécurité-conformité

Gérer un département de sécurité et de conformité dans une entreprise de camionnage comporte sa large part d’enjeux. Heureusement, la technologie évolue au rythme des défis grandissants. Dans la cadre d’un panel de discussion présenté à la conférence annuelle des utilisateurs d’Isaac Instruments, Julie Catalano, directrice de la conformité au Groupe Nadeau et Mike Dugal, directeur de la sécurité et de la conformité pour Groupe Loyal Express, ont répondu aux questions de Mélanie Simard, vice-présidente Sécurité et Conformité chez Isaac, en lien avec les réalités des gestionnaires de la conformité et de la sécurité d’aujourd’hui.

«La conformité et la sécurité, c’est n’est pas qu’une seule chose, ce sont plusieurs choses avec lesquelles il faut composer tous les jours», a souligné Mme Catalano d’entrée de jeu. Et la technologie aide beaucoup au quotidien.

Mike Dugal, Julie Catalano et Mélanie Simard

Les alertes émises lors d’événements, comme des heures de conduite utilisées inadéquatement ou des manœuvres brusques, permettent de sensibiliser les chauffeurs et de les diriger vers des formateurs qui pourront parfaire leurs connaissances.

«On peut agir rapidement, car on fait des vérifications chaque jour et plusieurs fois par jour», de dire Julie Catalano.

Le plus grand défi pour Mike Dugal, c’est de «garder les choses simples à une époque où on veut éliminer le papier». Groupe Loyal Express exploite le plus possible la plateforme d’Isaac pour numériser des connaissements et des inspections routières et pour prendre des photos pour la ronde de sécurité, par exemple.

Parmi les améliorations qui ont été rendues possibles grâce à la technologie, Groupe Loyal Express a éliminé les rapports d’accident sur papier et peut dorénavant y avoir accès sur la tablette. «On est capables de faire le rapport directement avec les chauffeurs et on a accès à toutes les bonnes informations dont on a besoin.»

Indispensables caméras

Abordant la question des caméras témoins, Mike Dugal a résumé leur utilité avec l’expression «une image vaut mille mots».

«Avant les caméras, c’était beaucoup plus difficile de savoir ce qui s’était produit avant un accident. Même si l’accident survient sur les côtés, avec ce que l’on voit du devant, on est capables de déterminer ce qui s’est produit. Les caméras sont indispensables pour nous, on ne peut pas retourner en arrière.»

Les camions de Groupe Nadeau sont munis de caméras qui filment vers l’avant et sur les côtés. Julie Catalano a décrit un événement récent durant lequel les caméras latérales ont permis au camionneur de voir une voiture qui s’était faufilée près du camion de lors d’un virage. «L’auto a accroché la remorque, et la caméra a permis de voir clairement que l’auto s’est faufilée là où elle ne devait pas être. Sans la caméra, on ne l’aurait jamais vu.»

Groupe Nadeau utilise les images des caméras à des fins de sensibilisation, de formation et aussi de gratification pour les chauffeurs. «Dans 90% des cas, lorsqu’il y a des plaintes à propos de nos chauffeurs, les images vont démontrer que le problème ne venait pas du camionneur, mais de l’automobiliste.»

Revenant sur la question des heures de service, Julie Catalano a réitéré qu’elles faisaient l’objet d’un suivi au quotidien. «La grande majorité des violations observées ont trait à des chauffeurs qui ont oublié de consigner leur fin de travail, donc qui restent en service. Mais pour les autres, une analyse est faite aussitôt et s’il est déterminé qu’il s’agit vraiment d’une infraction, on va appeler le chauffeur. Nos suivis sont tellement rigoureux que, souvent, les chauffeurs savent qu’on va les appeler», dit-elle. Si le conducteur ne comprend pas le règlement, on va lui expliquer et lui indiquer comment il doit s’ajuster. Au besoin, un rendez-vous sera pris avec un formateur. «En règle générale, les chauffeurs se conforment aux règlements, parfois c’est une particularité qu’il faut clarifier.»

Au Groupe Loyal Express, une équipe est affectée à Isaac et assure un monitorage quotidien. «On utilise le rapport qui est envoyé par Isaac par défaut chaque jour pour nous alerter des violations qu’on a eues. Souvent, ce n’est pas par intentionnel, c’est par erreur ou par ignorance. On les gère cas par cas.»

Gérer l’attente

L’American Trucking Research Institute a identifié les temps d’attente chez les clients comme l’une des principales préoccupations des transporteurs, ces délais occasionnant des problèmes de productivité et aussi de sécurité, les camionneurs tentant souvent de rattraper le temps perdu.

Mike Dugal travaille avec le système SpeedGauge depuis un bon moment. «À mon emploi précédent, j’ai eu l’occasion de me familiariser avec le système et de m’ajuster avec les chauffeurs. Évidemment, au début, j’ai entendu toutes les excuses possibles des chauffeurs pour ne pas respecter les vitesses, comme “je ne ferai pas mon millage cette semaine, je n’arriverai pas à la fin de la journée”, mais c’était décidé qu’on s’en allait vers ça et il fallait que ça fonctionne.»

M. Dugal a mis la solution en place chez Groupe Loyal Express en 2019 et plusieurs chauffeurs sont des partisans de SpeedGauge. Chaque semaine il vérifie quels chauffeurs sont dans son top 10 et certains d’entre eux font partie de ce groupe depuis des années. «C’est des chauffeurs qui font les mêmes routes que d’autres font, le même type de travail. Ils disent tous sensiblement la même chose : il s’agit de s’adapter, de changer sa façon de penser. J’ai ma preuve que ça fonctionne. Sur toute une semaine complète, mes champions ont peut-être pris une heure et demie de plus pour respecter les limites de vitesse, et ils ont tous fait leurs payes. Et ils ont tous dit qu’ils étaient plus relaxes en respectant les limites de vitesse, qu’ils sont moins stressés.»

Mike Dugal a partagé comment Groupe Loyal Express tire parti des données pour intervenir sur des facteurs comme les manœuvres brusques des chauffeurs, les freinages par exemple. Certains chauffeurs vont être tentés de se dédouaner de leurs manœuvres brusques en accusant la caméra témoin d’être trop sensible.

«La qualité de données dont nous disposons nous permet de voir à quelle force G une manoeuvre a été déclenchée. Je suis capable d’aller sur Google Map quand un chauffeur me dit que c’est son camion qui est trop sensible et lui montrer, par exemple, que ce n’est pas le camion qui est trop sensible, mais plutôt que le camion est trop confortable et qu’il allait trop vite dans une courbe, ce qui a déclenché la détection d’une manœuvre brusque.»

Les données permettent aussi de démontrer aux clients que des dommages à la marchandise n’ont pas été occasionnés par une manœuvre ou un freinage brusque du chauffeur, mais plutôt par une cargaison mal chargée ou un arrimage déficient. «Avec la donnée, on est capable de prouver le degré de force G auquel la cargaison a été soumise.»

À savoir quelles sont les prochaines étapes de Groupe Nadeau en lien avec les technologies et la sécurité/conformité, Julie Calalano a répondu que l’entreprise souhaite pousser davantage l’analyse des données avec la nouvelle plateforme Isaac Analytics dévoilée à la conférence des utilisateurs. «La prochaine étape logique, c’est vraiment d’analyser nos données, de nous monitorer, de regarder où nous devons nous améliorer», de confier Mme Catalano.

Le souhait de Mike Dugal, c’est de pouvoir lancer un programme de bonification basé sur une évaluation complète des chauffeurs tirant parti des possibilités que la technologie offre dorénavant.


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