Commerce interprovincial et mobilité de la main-d’œuvre: le milieu des affaires à Québec pour appuyer le projet de loi 112
La Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) et la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) sont aujourd’hui à Québec pour témoigner devant la commission parlementaire qui étudie le projet de loi 112, destiné à stimuler le commerce interprovincial et la mobilité de la main-d’œuvre au pays.
« Il faudra éviter la multiplication des exceptions dans les règlements à venir et prévoir des balises claires à celles-ci pour faire réellement augmenter le commerce interprovincial. C’est l’un des leviers que nos gouvernements contrôlent pour pallier en partie de l’imprévisibilité du marché américain », affirme Véronique Proulx, présidente-directrice générale de la FCCQ.

Selon la FCCQ, dans le contexte économique actuel qui combine la relative fermeture du marché américain et une pénurie de main-d’œuvre aggravée par des politiques d’immigration plus restrictives, notamment au Programme des travailleurs étrangers temporaire, il convient d’assurer l’application rapide de ce projet de loi dès son adoption pour maximiser son effet sur l’économie.
Simplifier le camionnage intra-canadien
Dans le mémoire déposé devant le nouveau ministre délégué à l’Économie et aux Petites et Moyennes Entreprises, Samuel Poulin, la FCCQ explique qu’il reste encore du ménage réglementaire à faire pour que le milieu du camionnage puisse transporter harmonieusement les produits vendus par des entreprises de diverses provinces.
« Par exemple, pour transporter la même marchandise d’un bout à l’autre du Canada, des transporteurs doivent tout de même s’inscrire à répétition au sein de différents registres provinciaux. Les limites autorisées pour les charges ou la longueur des véhicules diffèrent entre le Québec et d’autres provinces, ce qui oblige ces entreprises de transport à adapter leurs flottes ou à limiter leurs trajets », peut-on lire dans le mémoire de la FCCQ.
Avantage pour les PME
La FCEI estime elle aussi que le projet de loi 112 constitue une étape déterminante dans l’élimination des obstacles au commerce interprovincial.
Selon l’organisation, il s’agit d’un « enjeu de première importance pour les PME québécoises dans ce contexte de guerre commerciale. »
Un sondage de la FCEI indique que 3 dirigeants de PME québécoises sur 5 identifient l’incertitude commerciale comme étant leur plus gros défi. De plus, 88% d’entre eux demandent aux gouvernements de tout le pays de supprimer rapidement un maximum d’obstacles à la libre circulation des biens, des services et de la main-d’œuvre d’une province ou d’un territoire à l’autre.
« Les PME québécoises et canadiennes sont fréquemment confrontées à des contraintes liées à la reconnaissance des normes, aux exigences bureaucratiques et aux barrières réglementaires d’une province à l’autre. Ces obstacles freinent non seulement la croissance, mais aussi la compétitivité des entreprises sur le marché national », témoigne François Vincent, vice-président pour le Québec à la FCEI.
Selon une analyse de la FCEI, si l’ensemble des obstacles étaient éliminés, les entreprises québécoises pourraient bénéficier de revenus potentiels évalués entre 25 et 45 milliards $.
« Nous avons maintenant l’opportunité d’enclencher un changement concret qui profitera aux PME de toutes les provinces. En réduisant les obstacles au commerce et en favorisant la mobilité de la main-d’œuvre qualifiée, ce projet de loi peut libérer le potentiel économique d’un véritable marché canadien unifié », conclut le porte-parole de la FCEI.
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