Conflits portuaires : le spectre d’une pénurie alimentaire plane, disent les transformateurs

Quand les camions cessent d’approvisionner les usines agroalimentaires ou les producteurs de bétail en denrées arrivant par bateau, inévitablement, après un moment, cela commence à se traduire par des hausses des prix en raison de la rareté des aliments, ou carrément par des pénuries.

C’est l’essentiel du message que lance aujourd’hui  le Conseil de la transformation alimentaire du Québec (CTAQ), qui dit tirer la sonnette d’alarme quant à la grève partielle et illimitée des débardeurs au port de Montréal ainsi qu’au sujet du lock-out au port de Vancouver.

«La suspension des opérations portuaires pourrait entraîner un ralentissement draconien des livraisons de denrées agricoles et alimentaires essentielles », prévient le regroupement, qui dit craindre une hausse du prix des intrants alimentaires.

Tablettes d’épicerie dégarnies
(Photo : Pixabay)

« Les clients, qu’ils soient transformateurs, détaillants ou consommateurs, ressentiront rapidement les effets de ces interruptions, avec une possible hausse des prix sur certaines catégories d’aliments et, selon la durée des arrêts de travail, des pénuries éventuelles de produits », dit le CTAQ par voie de communiqué.

L’organisme ajoute que les nombreux conflits et blocages récents risquent d’entamer la confiance de ses partenaires commerciaux et clients et demande au gouvernement fédéral d’intervenir rapidement afin de relancer les discussions entre les parties impliquées.

«Les crises précédentes ont montré que la collaboration et la concertation sont essentielles pour la prospérité de notre secteur. Nous demandons également la mise en place de mesures spécifiques pour protéger les intérêts de notre chaîne d’approvisionnement. La résilience de notre économie en dépend», ajoutent les transformateurs alimentaires.

Gascon demande aussi à Ottawa d’intervenir

Julie Gascon, présidente-directrice générale de l’Administration portuaire de Montréal (APM), était de passage ce midi à la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM) où elle a prononcé une conférence devant le parterre des invités.

Elle y a exprimé sa vive inquiétude quant aux impacts liés à l’impasse dans les relations de travail au port de Montréal. Mme Gascon a appelé à une intervention fédérale pour mettre fin à ce conflit persistant aux impacts économiques majeurs, le troisième en quatre ans à Montréal, a-t-elle rappelé.

«Je crois que la meilleure des ententes est négociée à la table. Mais, force est de constater qu’il n’y a pas de négociations et qu’il faut que le gouvernement agisse en offrant aux deux parties une voie de passage qui permettra d’obtenir une véritable paix industrielle », a déclaré Mme Gascon.

Les employeurs se disent de bonne foi

L’Association des employeurs maritimes (AEM) a elle aussi émis une déclaration, disant qu’elle continue d’appliquer des mesures d’atténuation pour limiter les effets des moyens de pression des débardeurs qui sont en cours au port de Montréal.

L’AEM affirme offrir depuis toujours une rémunération globale compétitive à ses employés.

«En 2023, la rémunération globale moyenne d’un débardeur au Port de Montréal était de 171 700 $. Cette rémunération inclut la garantie de revenu lorsqu’il n’y a pas de travail, la valeur du régime de retraite payé à 100 % par l’employeur, les assurances, les congés, etc.», souligne le regroupement d’employeurs, disant souhaiter un dénouement de l’impasse le plus rapidement possible.


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