Congédiements chez Amazon : la CSN compte sur les tribunaux et un boycott pour renverser la situation
La Confédération des syndicats nationaux (CSN) n’entend pas rester les bras croisés après le coup de force d’Amazon, qui a l’intention de fermer ses sept entrepôts du Québec, entraînant du même coup la perte de 4 500 emplois, dont des sous-traitants.
Plus tôt aujourd’hui, la centrale syndicale a annoncé qu’elle demandera au tribunal l’annulation des licenciements collectifs, la réouverture des sept entrepôts et la réintégration des 1700 employés d’Amazon, en plus de compensations et d’indemnités.

Selon Caroline Senneville, présidente de la CSN, les fermetures d’Amazon n’en sont pas réellement au sens de la loi puisque jamais la multinationale n’a annoncé son intention de cesser de vendre ses produits en ligne auprès de la population québécoise.
« Ce qu’Amazon pense pouvoir faire, c’est transférer le travail à d’autres acteurs commerciaux et céder à des entités différentes certaines opérations d’entreposage et de livraison », dénonce la dirigeante syndicale.
Une demande d’arbitrage de première convention a par ailleurs été déposée auprès du ministre du Travail la semaine dernière dans le cadre de la négociation qui a lieu à l’entrepôt DXT4 de Laval, seul entrepôt d’Amazon syndiqué au Canada.
« Nonobstant la fermeture présumée du centre de livraison de Laval, des questions relatives à la rémunération rétroactive et au droit de rappel au travail en cas de réouverture doivent être réglées », fait valoir la CSN.
Appel au boycott
Pour ajouter de la pression sur le géant du commerce de détail, la CSN demande par ailleurs aux consommateurs de faire preuve de solidarité à l’égard de ceux et celles qui ont brutalement perdu leur emploi en cessant de faire des achats en ligne sur la plateforme d’Amazon et à mettre fin à leur abonnement à Amazon Prime.
Les gouvernements municipaux, provincial et fédéral sont également interpellés afin qu’ils cessent de s’approvisionner auprès d’Amazon et qu’ils mettent fin aux contrats d’infonuagique ou à toute autre forme de contrat avec la multinationale pour plutôt privilégier des entreprises d’ici.
À cet égard, le ministre fédéral François Philippe Campagne a déjà annoncé qu’Ottawa entend revoir ses liens avec Amazon Web Services (AWS, infonuagique).
Une manifestation est prévue à Montréal le samedi 15 février, en soutien aux 4 500 personnes mises à pied.
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