Congrès CTCQ : le recrutement international, ça ressemble à quoi?
Qu’est-ce que ça donne, le recrutement international? C’est la question qui a animé un panel de discussion lors du congrès annuel du Comité technique du camionnage du Québec (CTCQ).
«La pénurie de main-d’œuvre, si on parle de mécaniciens, elle va que s’empirer», explique Chloé Saint-Amand, directrice générale de Camo-Route.
Avec un manque de travailleurs qualifiés sur le marché, recruter de la main-d’œuvre à l’étranger s’avère une bonne option pour les employeurs, même s’il ne s’agit pas de la grande solution. «C’est une solution à envisager», ajoute Chloé Saint-Amand.

Exemples de la France et des Philippines
L’entreprise de recyclage de métaux Fer et métaux américains (AIM) a réalisé une grande opération de recrutement international en allant directement recruter des travailleurs aux Philippines pour combler 27 postes. Ce choix a été fait en prenant en compte de la réputation très loyale des Philippins ainsi que leurs grandes compétences.
«Les études sont payées par le gouvernement, les gens sont tous très impliqués et c’est un peuple qui est très loyal. Ce sont des conditions que l’on recherchait, donc on est allé vers eux», a expliqué Sébastien Liautaud, directeur de la maintenance de l’équipement mobile chez AIM.
Une opération qui a bien fonctionné, car Sébastien Liautaud a affirmé que la grande majorité d’entre eux ont continué à travailler pour AIM.
Les Philippines ne sont pas le seul pays qui possède une main-d’œuvre potentielle. Pour Me Gilles Veilleux, avocat d’expérience en matière de droit commercial et d’immigration, les jeunes travailleurs venant de France sont une excellente option pour les entreprises. «L’avantage de sélectionner des jeunes en France, c’est que les candidats maîtrisent bien le français et plusieurs d’entre eux ont voyagé au Québec.»
Me Veilleux a parlé du permis des Jeunes Professionnels, accessible grâce au programme de l’Expérience International Canada (EIC). Il s’agit d’une entente entre le gouvernement canadien et une vingtaine de pays dans le monde pour que des jeunes de ces pays puissent venir travailler au Canada, et vice-versa.
Les défis
Le principal défi pour AIM était la barrière de la langue, les habitants des Philippines parlant principalement le tagalog et, en langue secondaire, l’anglais. «Donc, c’est important, quand on choisit un candidat, qu’il ait un anglais fluide et qu’il ait une bonne capacité à comprendre. Parce que, s’il n’y a pas ça et que tu l’intègres dans une équipe où le dialogue est difficile, la compréhension n’est pas là et ça va créer des situations dangereuses.»
Les autres défis que devait gérer Sébastien Liautaud et son équipe sont les conditions climatiques ainsi que la manière d’appuyer les nouveaux arrivants, notamment en ce qui concerne l’habitation, les ressources générales et l’atmosphère au travail.
«Il y a déjà un gros travail de préparation avec les équipes qui sont déjà en place pour que, quand ces travailleurs vont arriver, ils soient bien intégrés et qu’on ne les mette pas de côté», a souligné Sébastien Liautaud. «C’était quelque chose d’important pour nous, de ne pas les isoler, pour qu’ils ne se sentent pas trop dépaysés.»
Me Veilleux a aussi fait part d’un autre défi pour les jeunes travailleurs français : le choc du pays. «La majorité ne connait pas forcément le Québec. Pour beaucoup, Montréal, c’est le Québec, mais il y a beaucoup à visiter. Donc, il y a un choc.» Il indique aussi que la différence d’apprentissage technique entre le Québec et la France peut créer un autre choc.
Une bonne éthique de travail
Autre élément important pour Sébastien Liautaud : pouvoir engager des personnes qualifiées, mais aussi faire en sorte qu’elles puissent être capables de travailler respectueusement.
«Quand tu amènes cette personne dans tes équipes, il faut qu’elle cadre avec les gens qui sont déjà en place. Parce que parfois, il y a des conflits de personnalités. On peut se dire que la personne est une bonne mécanicienne ou une bonne équipière mais, s’il y a conflits, ça peut briser les équipes.»
Un propos que Chloé Saint-Amand corrobore. «C’est beaucoup la responsabilité du gestionnaire ou des superviseurs de pouvoir dire “Bon, maintenant, si ce n’est pas déjà fait, on a une politique en place et si elle n’est pas respectée, voici les sanctions qui peuvent être appliquées”.»
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