Discipliner les délinquants de l’industrie pour éviter les tarifs douaniers, prône l’Alliance du camionnage

L’Alliance canadienne du camionnage (ACC) estime que l’industrie a un rôle à jouer pour calmer les inquiétudes de l’administration Trump, qui multiplie les menaces économiques.

Ce rôle serait d’abord de faire le ménage dans ses rangs pour en retirer les intervenants qui trempent dans des activités illégales qui plombent le commerce transfrontalier, comme l’abus de travailleurs immigrants, le blanchiment d’argent ou encore le trafic de drogue.

Arrière d’un camion qui se présente aux douanes canadiennes
(Photo : ASFC)

L’ACC a fait cette sortie dans les heures qui ont suivi la décision du gouvernement américain de faire une pause de 30 jours avant d’imposer des tarifs douaniers aux produits canadiens qui entrent aux États-Unis.

« Les dirigeants américains qualifient la situation actuelle de guerre aux drogues, pas de guerre commerciale. Nous disposons maintenant de 30 jours pour nous attaquer à ces questions et travailler ensemble à mettre en place des outils et des solutions qui pourraient nous aider à éviter un désastre économique », déclare Stephen Laskowski, président de l’ACC.

Le secteur de la livraison de petits colis serait particulièrement sous surveillance, puisqu’il semble que ce soit le moyen privilégié par les trafiquants pour faire passer de la drogue d’un côté à l’autre de la frontière.

L’ACC blâme par ailleurs l’utilisation abusive du programme des travailleurs étrangers temporaires par certains transporteurs, qui profiteraient de la vulnérabilité de chauffeurs nouvellement arrivés au Canada pour les impliquer dans des activités illégales, parfois sous la menace de déportation et en ne versant pas les salaires auxquels ces chauffeurs ont droit.

« La majorité de nos flottes utilisent correctement les programmes d’immigration. Et bien que le système canadien soit conçu pour les gens et les entreprises qui se conforment à la loi, la réalité est que nous avons un pourcentage en croissance rapide de propriétaires de flottes dont le modèle d’affaires consiste à contourner les règles, à trouver des échappatoires et à tirer profit d’un système qui n’a pas suffisamment de mécanismes de surveillance pour traiter toute l’étendue de ces activités illégales », ajoute M. Laskowski.

Celui-ci dit constater que des transporteurs aux pratiques douteuses, dont l’adoption du stratagème Chauffeur inc., se tirent admirablement bien d’affaires alors que de nombreux autres, respectueux du droit du travail et des affaires, peinent à tirer leur épingle du jeu dans un marché du fret au ralenti et où de sérieuses hausses de coûts sévissent.

Le président de l’ACC qualifie ce climat de concurrence déloyale de « conflit fondamental ». Il estime que c’est en retirant des routes les gens dont on sait déjà qu’ils contournent les règles qu’on pourra rétablir un sentiment de confiance à l’égard de la frontière et du commerce canado-américain.

Dans la mesure où les autorités réglementaires se décident à faire appliquer ces règles, précise-t-il.

« Plus d’inaction de la part du Canada ne fera que renforcer les sérieuses inquiétudes des Américains quant à la capacité du Canada de gérer et de s’attaquer à ces enjeux à l’intérieur de ses frontières », peut-on lire dans le communiqué de l’ACC émis plus tôt aujourd’hui.


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