Discours du Trône : Carney se donne un mois pour faire du Canada une réelle zone de libre-échange intérieur
Le gouvernement du premier ministre Mark Carney a présenté aujourd’hui, par le biais du discours du Trône, ses grandes orientations pour les mois à venir. La création d’une réelle zone de libre-échange canadienne, délestée des entraves au commerce interprovincial dès le 1er juillet, était au menu.
Pour les entreprises de camionnage désireuses d’augmenter la proportion de transport qu’elles font au pays pour pallier le manque à gagner du volume transfrontalier, cela semble une excellente nouvelle.

Et cela pourrait venir plutôt rapidement, d’ici un mois à peine selon ce qu’on peut lire dans le document officiel présenté par le roi Charles III aux parlementaires réunis à la Chambre des communes.
« Les premiers ministres de plusieurs provinces et territoires ont déjà pris des mesures pour éliminer les obstacles au commerce intérieur. Le Gouvernement va s’appuyer sur ces progrès pour créer, d’ici la fête du Canada, un réel système de libre-échange à travers le pays », indique le gouvernement canadien.
La volonté des entreprises
Un récent sondage mené par la firme KPMG a démontré que la réduction des obstacles au commerce interprovincial est la priorité numéro 1 des entreprises canadiennes.
En effet, plus de huit chefs d’entreprise sur dix (82%) croient que l’élimination des barrières commerciales interprovinciales améliorera l’efficacité et la productivité de leur entreprise.
Près de huit répondants sur dix (77%) affirment que le mouvement « Achetons canadien » a contribué à accroître leurs ventes, et près de neuf répondants sur dix (87%) affirment que cela a incité leur entreprise à considérer le Canada comme un marché en croissance.
Quatre-vingt-quatre pour cent « espèrent que le mouvement Achetons canadien ne s’effondrera pas » parce qu’ils « en ont besoin pour compenser l’incertitude commerciale persistante avec les États-Unis. »
Jusqu’à 75% des chefs d’entreprise ne considèrent plus les États-Unis comme un marché fiable.
« Elles veulent tirer parti du nouveau nationalisme et accroître leur part de marché partout au Canada. Mais cela exige la volonté et le leadership des gouvernements de tout le pays pour éliminer les barrières artificielles au commerce intérieur », souligne Monika Manza, de KPMG Canada, au sujet des entreprises d’ici.
Travailleurs étrangers et mobilité de la main-d’œuvre
Ce grand exercice de remue-méninges a provoqué des réactions chez d’autres groupes du milieu des affaires.
Au Conseil du patronat du Québec (CPQ), on salue dans un premier temps la volonté du gouvernement de faciliter le commerce intérieur et de renforcer les chaînes d’approvisionnement locales. On se préoccupe toutefois de la disponibilité de la main-d’œuvre.
« Le CPQ s’inquiète du maintien des restrictions administratives pour l’attraction et la rétention des travailleurs étrangers temporaires », dit le CPQ par voie de communiqué.
Pour la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI), ce n’est pas tout de faire venir des gens ici. Encore faut-il qu’ils puissent travailler dans diverses provinces. La FCEI parle « d’incompatibilité réglementaire qui freine cette mobilité au pays ».
Près de la moitié (49%) des PME qui ont embauché de la main-d’œuvre ou qui ont des employés travaillant dans d’autres provinces/territoires ont rencontré des défis, souligne la FCEI, citant l’une de ses recherches.
« Les principaux obstacles sont le manque de reconnaissance des certifications entre les provinces/territoires, l’obtention de licences provinciales, l’adaptation des règles de santé et sécurité au travail à celles des autres provinces/territoires et l’inscription de l’entreprise et des employés au régime d’indemnisation des travailleurs à l’extérieur de la province/du territoire », ajoute le regroupement de PME.
Pour lire le rapport complet de la FCEI intitulé Bulletin sur la coopération entre provinces et territoires au Canada : état des lieux du commerce intérieur, veuillez cliquer ici.
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