Écocamionnage de retour d’ici la fin de l’année
Une motion réclamant le rétablissement du programme de subvention Écocamionnage d’ici la fin de l’année a été adoptée à l’Assemblée nationale.
«Alors même que le ministre de l’Environnement, Bernard Drainville, évoque la réduction des cibles de GES, il est plus que temps de relancer le programme Écocamionnage, suspendu depuis septembre 2024. Son arrêt freine des investissements essentiels dans la modernisation des flottes, l’innovation technologique et la décarbonation du transport lourd», a déclaré Joël Arseneau, porte-parole du Parti Québécois en matière de Transports, qui a présenté la motion.
Selon lui, remettre le programme en marche avant la fin de 2025 est «impératif». «C’est un geste nécessaire et parfaitement aligné avec les objectifs que nous nous sommes nous-mêmes fixés en matière de réduction des émissions de GES.»

La motion a été adoptée mardi au Salon rouge par 96 voix contre une (le député de Saint-Jérôme, Youri Chassin, a voté contre la motion), une issue saluée par le député des Îles-de-la-Madeleine. «Cette motion rappelle l’urgence d’agir de façon crédible et cohérente dans la lutte contre les changements climatiques», a-t-il ajouté. «Si le Québec veut atteindre sa cible de réduction de 37,5% des GES d’ici 2030, il faut s’attaquer sérieusement au secteur qui émet le plus, soit le transport, responsable à lui seul de 43% de nos émissions.»
Le député madelinot joint ainsi sa voix à celle d’acteurs clés de l’industrie. «Des organisations comme Propulsion Québec, Mobilité Électrique Canada et l’Association du camionnage du Québec (ACQ) demandent la relance du programme afin que les entreprises disposent d’incitatifs clairs, stables et prévisibles», a-t-il affirmé. «Le gouvernement prévoit lui-même 35 M$ pour ce programme dans son Plan pour une économie verte 2025-2030. Il est donc temps de passer de l’intention à l’action.»
M. Arseneau fait référence à une déclaration commune récente de l’ACQ, de Propulsion Québec et d’entreprises telles que Nationex, Intelcom, Peterbilt, Globocam, GLS Canada, Attrix, Emballages Carrousel, Location Brossard et Simard Transport, tous réclamant le retour immédiat d’Écocamionnage.
Propulsion Québec a salué l’engagement du gouvernement à rétablir Écocamionnage d’ici la fin de l’année, ce qui permettra de relancer des projets en attente et d’optimiser l’utilisation des infrastructures de recharge déjà déployées en appuyant la filière de l’électrification.
«Le retour d’Écocamionnage envoie enfin un signal clair et attendu : les transporteurs sont prêts à investir et les solutions sont là. Cette relance donne l’élan nécessaire pour réduire les émissions tout en renforçant la compétitivité des entreprises», a souligné Alexis Laprés-Paradis, PDG par intérim de Propulsion Québec.
«En fait, ça rappelle au gouvernement que ce programme est essentiel et que les acteurs qui s’en prévalent ne baissent pas les bras», a commenté pour sa part Marc Cadieux, PDG de l’ACQ, tout en déplorant la longue inaction entourant sa remise en œuvre. «On se fait dire que ça va être annoncé d’un moment à l’autre, mais ça fait plus d’un an que le programme est fermé. On n’a jamais eu un écart aussi grand pour la reconduction d’un programme que ce qu’on vient d’avoir avec le gouvernement actuel.»
Pour Martin Blanchet, directeur national des ventes – Énergies alternatives chez Peterbilt du Canada, le retour d’Écocamionnage permettra de relancer l’économie des véhicules électriques au Québec. «Grâce au retour de la subvention, nos clients pourront acheter des camions Peterbilt électriques fabriqués au Québec, dans notre usine Paccar de Sainte-Thérèse», nous a-t-il indiqué.
Thierry Salem, directeur principal des ventes chez Globocam, y voit également un pas dans la bonne direction, ainsi qu’une occasion de finalement écouler les véhicules électriques immobilisés dans l’inventaire depuis la suspension du programme. «C’est sûr que c’est un signal positif. On n’a pas d’annonce encore, mais je reste optimiste malgré les 15 mois d’attente inutiles», a-t-il souligné.
«Je souhaite que le gouvernement agisse et annonce enfin le programme d’ici la fin de l’année, afin qu’on puisse libérer le matériel roulant que les clients attendent depuis plus de 15 mois et que j’ai en inventaire. Ce serait aussi un signal clair pour l’industrie que la décarbonation du transport demeure une priorité. C’est un bon signal, mais l’annonce n’est pas encore faite. J’espère qu’il ne reste que quelques étapes avant l’annonce officielle.»
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