Essoufflement du marché au comptant en mars, après la frénésie des commandes préventives de début d’année
Loadlink Technologies vient de publier son indice de fret du marché au comptant canadien pour le mois de mars. On y constate que le début du premier trimestre a été marqué par une forte hausse des volumes d’expéditions, surtout transfrontalières, les entreprises désirant faire le plein de leurs inventaires avant l’imposition de tarifs douaniers.
Cette frénésie a cependant commencé à montrer des signes d’essoufflement en mars. En effet, les volumes de cargaisons ont été plus élevés qu’en 2024, mais celles en partance ou à destination du Canada ont décliné après la mise en place de la première ronde de tarifs le 4 mars.

Au total, 1l y a eu 16% moins d’activité sur le marché au comptant en mars qu’en février.
Le transport transfrontalier a compté pour 68% de tous les affichages. Les cargaisons sortantes, du Canada vers les États-Unis, ont décliné de 20% sur une base mensuelle mais ont connu une croissance notable de 71% sur une base annuelle.
Les cargaisons entrantes, des États-Unis vers le Canada, ont été 21% moins nombreuses sur une base mensuelle, étant toutefois en mode croissance, de 38%, sur une base annuelle.
Capacité minimale, à l’avantage des transporteurs
La capacité de transport s’est considérablement réduite sur le marché au comptant, atteignant un niveau similaire à la période de pandémie en 2022. Les transporteurs qui y demeurent actifs ont ainsi davantage le luxe de choisir leurs clients.
Le ratio camions par cargaison a ainsi chuté de 60%, en baisse par rapport au taux de 3,21 enregistré en mars 2024. Il s’établit désormais à un chiffre impressionnant de 1,32 camion par cargaison affichée sur Loadlink.
Au cours du premier trimestre de 2025, il y a eu 43% moins de matériel roulant disponible pour faire du transport transfrontalier des États-Unis vers le Canada qu’au premier trimestre de 2024.
« Bien qu’il y ait eu des hausses extraordinaires au premier trimestre, les récents tarifs ont été synonymes d’incertitude et de pression, tant chez les transporteurs, les courtiers en transport et les entreprises manufacturières. Le commerce transfrontalier en sera durement touché et une réduction de la demande en transport transfrontalier pourrait se produire bientôt », préviennent les analystes de Loadlink.
Les inspections plus exhaustives aux douanes pourraient aussi retarder certaines livraisons, estiment-ils.
Cela aussi pourrait être à l’avantage des transporteurs puisque les expéditeurs et courtiers en transport pourraient avoir besoin de plus de capacité pour venir à bout d’éventuels délais et assurer la continuité de leurs opérations.
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