ExpoCam 2025 : conclusions du corridor décarboné 100% électrique
La mise en place d’un corridor décarboné 100% électrique entre Montréal et Québec compte parmi les projets importants de transport lourd électrique dans la province. Créé au printemps 2024 par Propulsion Québec, ce projet pilote avait mis sur la route 18 véhicules moyens et lourds électriques qui transitaient chaque jour entre Québec et Montréal afin de se faire une meilleure idée de la façon d’électrifier le transport interurbain de marchandises. Le Forum sur la transition énergétique d’ExpoCam 2025 a offert la parfaite occasion de présenter les conclusions du projet.

L’un des objectifs du projet était de tester dans des conditions réelles des camions de classe 8 électriques qui roulent dans un contexte commercial et dans une utilisation interurbaine mutualisée au Québec. «Pourquoi faisons-nous ce projet de démonstration? Parce que lorsqu’on parle en théorie, ça parle aux gens, mais ça les inspire beaucoup moins. En le mettant en pratique, on effectue des tests en conditions réelles et ça nous permet d’avoir toutes les informations», a déclaré Stéphane Pascalon, chargé de projets principal chez Propulsion Québec.
Pour faire en sorte que les opérations sur le corridor restent fluides, une méthode particulière pour la recharge du véhicule a été mise en place. Un camion qui part de Québec fait son trajet le soir afin d’arriver à Montréal autour de minuit. À destination, le conducteur laisse le véhicule avec lequel il est parti pour être rechargé. Il prend ensuite un camion pleinement chargé pour retourner à Québec. Le matin, un conducteur montréalais peut ainsi prendre le camion rechargé pendant la nuit.
«On a éliminé le problème de recharge et on s’assure qu’on est capable de faire les mêmes opérations, mais avec un camion qui est plein le matin pour le livreur de Montréal et un camion qui est plein le soir pour le livreur qui repart à Québec», explique M. Pascalon. «Le gros changement, c’est qu’au lieu de changer de remorque ou de changer de cargaison, le livreur change simplement de camion. Et ça permet de faire l’aller-retour.»
Les trajets faits durant le projet ont permis à Attrix d’accumuler des données afin d’en apprendre plus sur le potentiel des véhicules électriques. «C’est un peu ça le but du projet. C’est de briser ces barrières que tout le monde a avec la peur de manquer d’autonomie», a souligné Patrick Vallerand, directeur de la division Attrix Énergie chez Attrix Technologies.
Ces données, qui concernent pour le moment les livraisons sur le dernier kilomètre, comprennent les statistiques globales du véhicule électrique (distance, coût énergétique, énergie régénérée, énergie des recharges et énergie consommée), mais aussi des éléments plus spécifiques comme le coût énergétique en fonction de la température, l’autonomie estimée en fonction de la capacité des batteries, l’impact réel de la régénération au freinage ainsi que la taille des infrastructures.
Ces données donneront aux transporteurs une meilleure vision de ce que peuvent faire les véhicules électriques et, ainsi, leur permettront de mieux planifier leur transition électrique. «C’est vraiment un projet qui est super important pour nous», a indiqué M. Vallerand. «Ça découle d’un beau partenariat avec Propulsion Québec, pour vraiment essayer d’accélérer les choses et de briser les mythes qu’on entend souvent. Je trouve super intéressant de travailler sur ce projet et de partager de la donnée qui va vraiment faire la différence en quantification et qui va amener une réussite supplémentaire.»
Les données recueillies pendant le projet sont disponibles via le site d’Attrix.
Le corridor décarboné est un projet pilote d’électrification parmi tant d’autres et Propulsion Québec continue de se pencher sur des programmes du même type. «On travaille notamment sur les besoins d’infrastructures et sur les modèles d’affaires associés», informe M. Pascalon.
Il serait notamment question de refaire le projet sur différents corridors, comme Québec-Sherbrooke, Québec-Ottawa ou même Québec-Toronto si la technologie le permet.
Pour Patrick Vallerand, le succès de l’électrification des transports sera en grande partie attribuable à la collaboration entre les différents acteurs du secteur. «Tout le monde veut donner et veut s’aider. Il y a vraiment beaucoup de collaboration et je pense qu’on s’en va vers une transition incroyable dans le transport. Je pense qu’il faut vraiment commencer à travailler en synergie pour réussir à arriver à notre but.»
«Il va y avoir des obstacles, mais il faut les voir et il faut les franchir», ajoute M. Vallerand.
Have your say
We won't publish or share your data
Je pense qu’il est prématuré de faire des tests en classe 8, nous avons pas les bons outils.
Tesla est probablement le seul fabricant connu avec un niveau de batterie acceptable et capable de faire des tests significatifs.
Pour ce qui est des recharges, il est inutile et impensable de fonctionner avec des recharges de 6 ou 8 heures.
Pour moi ce sont des pertes de temps et d’$.
Qui a les moyens de perdre de l’$ en 2025, je suis curieux…
Claude Robert