Fonds publics investis dans la déconfiture de Lion Électrique : l’opposition veut entendre le PDG Marc Bédard en commission parlementaire
À la fin de la session parlementaire avant les Fêtes, le premier ministre François Legault a déclaré en Chambre vouloir commencer l’année 2025 « en Lion », clin d’œil aux moins bons coups de son gouvernement au cours des derniers mois.
L’opposition libérale l’a pris au mot et a publié plus tôt aujourd’hui un communiqué de presse dans lequel elle réclame une « commission parlementaire afin d’entendre notamment le PDG de l’entreprise, Marc Bédard. »

Le mouvement est piloté par Monsef Derraji, porte-parole en matière de Transports et de Mobilité durable. Il est appuyé par les deux autres partis d’opposition, le Parti Québécois et Québec solidaire.
Dans sa demande, M. Derraji réfère à un article de Radio-Canada qui, dit-il, fait état de présentation de fausses commandes, de prévisions irréalisables, d’un optimisme de façade et de la non-communication de mauvaises nouvelles comme l’annulation de commandes ou des problèmes persistants avec les produits, notamment les camions. De possibles manquements à la Loi sur les valeurs mobilières sont aussi évoqués, souligne le député de Nelligan.
« En outre, depuis sa création, Lion Électrique a reçu des sommes considérables du gouvernement du Québec pour un total de 177 millions de dollars. Ces investissements répétés par le gouvernement ont mis en confiance de petits investisseurs qui ont tout perdu, parfois même les économies d’une vie », écrit l’aile parlementaire du Parti libéral du Québec.
« Que savait exactement le gouvernement caquiste sur ce stratagème odieux? », s’interroge le porte-parole de l’opposition.
Outre le président fondateur Marc Bédard, les libéraux souhaitent interroger à l’Assemblée nationale l’ex-super ministre Pierre Fitzgibbon qui a entériné les investissements gouvernementaux dans Lion, la ministre de l’Économie qui lui a succédé, Christine Fréchette, ainsi que Geneviève Guilbault, ministre des Transports et de la Mobilité durable.
« Si l’entreprise a profité de l’aide gouvernementale pour enrichir ses dirigeants et berner de petits investisseurs, il est urgent de connaître la vérité, de faire la lumière sur de possibles abus de programmes de subvention et de trouver des moyens pour éviter que d’autres scénarios semblables ne se reproduisent », conclut Monsef Derraji.
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