Formation minimale obligatoire : tout le monde y gagne, même le CFTR

Au récent congrès de l’Association du camionnage du Québec, la ministre des Transports et de la Mobilité durable du Québec, Geneviève Guilbault, a rappelé qu’un projet de loi adopté au printemps 2024 permet à la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) d’exiger une formation obligatoire pour l’obtention d’une nouvelle classe de permis, comme la classe 1.

Cette formation obligatoire, elle existe depuis quelques années en Ontario, et elle est connue sous le nom de Formation obligatoire pour les demandeurs de permis de conduire de catégorie A (et mieux connue sous son abréviation anglaise MELT) et elle devra être offerte partout au Canada.

Le Québec travaille depuis plusieurs mois à mettre son programme sur pied. Un projet pilote a d’ailleurs eu lieu pour tester le contenu des formations.

La formation minimale obligatoire devrait, selon toute vraisemblance, entrer en vigueur cette année, et la SAAQ devrait publier d’ici peu les conditions de reconnaissance pour devenir prestataire de formation.

Sébastien Roy, directeur adjoint au CFTR. (Photo: Steve Bouchard)

Cette formation de base comprendra 75 heures de théorie et 50 heures de pratique dans un rapport de 1 pour 1, soit un élève et un enseignant par camion, pour un total de 125 heures.

Bien que le Centre de formation en transport routier (CFTR) de Mirabel dispense un DEP bien plus complet de 615 heures, son directeur adjoint, Sébastien Roy, voit l’arrivée de la formation de base comme une bonne nouvelle.

Parce que le CFTR offrira aussi cette formation de 125 heures. «On veut être là. On travaille d’ailleurs à mettre en place un système de réservation de heures et des paiements en ligne», annonce M. Roy.

Et aussi parce que la formation de base obligatoire permettra aussi d’assurer un minimum de compétence derrière le volant des camions, estime M. Roy.

«On estime que les CFT forment environ 2 000 nouveaux détenteurs de permis de classe 1 chaque année. Donc, sur les 5 000 nouveaux titulaires de permis de classe 1 par année au Québec, il y en a environ 3 000 qui se font former ailleurs. Plus personne n’ira passer l’examen de la SAAQ avec une poignée d’heures de pratique: tout le monde aura au minimum 125 heures de formation. C’est le but du programme de base, c’est d’avoir le réseau routier le plus sécuritaire.»

Le DEP de 615 heures est largement subventionné et l’élève n’a qu’à défrayer le matériel scolaire, qui ne coûte que quelque 120$. Mais combien coûteront les 125 heures du programme de base obligatoire?  «Pour l’instant, on peut seulement se baser sur ce qui se passe dans les autres provinces», explique Sébastien Roy. « En Ontario, par exemple, les candidats doivent souvent débourser 10 000 $ pour faire leur formation. Il est probable que ce sera similaire ici.»

Mais ce n’est pas tout le monde qui a 10 000$ pour se payer un cours de classe 1, et M. Roy croit que cela jouera aussi en faveur du CFTR : «Je pense que cela va nous apporter plus de candidats au DEP.»

Il est d’avis également que la formation minimale ajoutera au sérieux des candidatures. «Si tu investis quelque 10 000$, tu réfléchis deux fois avant de t’inscrire ou d’abandonner.»

Le directeur adjoint aurait par ailleurs une question à poser à la ministre Guilbault: les 16 millions de dollars sur deux ans qui seront injectés dans le programme, serviront-ils à accréditer des formateurs en entreprise, dans des écoles privées ou au CFTR, ou serviront-ils à donner un coup de pouce aux nouveaux travailleurs qui veulent se joindre à l’industrie?


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