Forum de la logistique 2024 : défis et optimisation de la chaîne d’approvisionnement
La 14e édition du Forum de la logistique du Groupe GCL a offert l’occasion à divers acteurs du secteur de la chaîne d’approvisionnement de se réunir et de discuter. Des représentants du milieu hospitalier, du commerce de détail et du transport ont expliqué leurs stratégies pour optimiser leur chaîne d’approvisionnement et modeler leurs opérations.
Renaissance et les enjeux de l’économie circulaire
En se positionnant dans le domaine l’économie circulaire, Renaissance fait face à des enjeux particuliers au sein de sa logistique. La gestion des transports n’y fait pas exception.
L’OBNL dispose en effet d’une flotte de 54 camions qui se rendent dans les 65 sites sous le nom Renaissance, soit des librairies, des centres de tri ou des friperies. «Il y a des défis de répartition, parce que chaque lieu est différent», a déclaré Benjamin Mercader Harchaoui, directeur des opérations chez Renaissance.

Il y a notamment des enjeux de main-d’œuvre. «Ce sont des postes particuliers où on est en compétition avec plusieurs autres joueurs, donc je dirais que ce sont des enjeux supplémentaires pour la gestion quotidienne de la logistique», a affirmé M. Harchaoui.
Il y a aussi plusieurs particularités lors des livraisons, comme le fait que les camions ne se rendent pas à des quais de chargement ou que certains d’entre eux utilisent des hayons hydrauliques. Il y a aussi un manque de portes de chargement. Renaissance en possède 16, alors qu’il aurait besoin d’en avoir 25.
L’organisme travaille cependant sur des moyens d’optimiser sa logistique. «On est dans une phase où on essaie de savoir quels sont les volumes qu’on va recevoir et quels camions on va envoyer pour avoir une certaine fluidité.» Elle travaille également sur la construction d’un «centre impact» qui fluidifiera ses opérations.
Renaissance ne néglige pas non plus l’utilisation de véhicules zéro émission, notamment électriques, car cela va avec l’importance que l’OBNL accorde à l’environnement.
La logistique particulière de Louis Vuitton
Étant une marque de luxe, Louis Vuitton a une philosophie de chaîne logistique bien différente celle de nombreuses autres entreprises.
En effet, la compagnie fabrique moins de produits que prédit le potentiel de ventes et a comme philosophie de bien faire au premier coup, ne faisant pas de rabais.
L’entreprise fait des détaillants ses partenaires, accorde de l’importance à la durabilité et compte sur un temps de passage défini pour garder ses opérations optimales.
Louis Vuitton prend aussi en compte l’empreinte environnementale de sa chaîne d’approvisionnement, précisant quand même qu’il ne s’agit pas d’une priorité pour la compagnie. «On a plein de plans d’action qui sont extrêmement puissants, mais pour autant, il y a un certain nombre de choses qu’on n’a pas encore faites», a indiqué Pascal Brault, vice-président de la chaîne d’approvisionnement pour Louis Vuitton.
M. Brault affirme quand même qu’un virage plus vert n’est pas impossible. «On travaille évidemment sur cet aspect, mais c’est quelque chose qui est vraiment très compliqué.» Dans le contexte du camionnage, la marque ne met pas de côté l’utilisation de véhicules zéro émission. «On essaie de nouvelles technologies pour nos camions, comme des véhicules électriques qui nous permettent des livraisons de proximité à New York et à Los Angeles.» M. Brault a aussi mentionné le gaz naturel comme une bonne option pour les trajets qui sont plus longs.
Le passage à l’automatisation de Transit Pièces d’auto
Distributeur de pièces d’automobiles, l’entreprise Transit Pièces d’auto a pris la décision d’automatiser son entrepôt pour faciliter ses opérations. Il a été aidé par le développeur de technologies d’automatisation Bastian Solutions.
L’entreprise a raconté son parcours dans cette transition, y compris le besoin d’optimiser son entrepôt et le début de sa collaboration avec Bastian.
Le principale système est le Système Auto-Store Goods to Person, développé par Bastian qui et permet de prendre les commandes de façon complètement automatique, le tout à hautes performances, avec une faible consommation d’énergie, une bonne fiabilité et une bonne précision des inventaires.

Ikea et son nouveau centre de distribution
Des représentants d’Ikea sont venus expliquer le déploiement du nouveau centre de distribution automatisé à Beauharnois.
Avec un seul centre de distribution pour les magasins et les clients situés à Brossard, la compagnie avait besoin d’un nouveau centre de distribution performant pour la fluidité de ses opérations. La position stratégique de Beauharnois ainsi que son nouveau parc industriel faisaient de la ville un bon emplacement.

Les représentants d’Ikea ont parlé des points importants dans leur transition. Cela comprend une communication constante avec les collaborateurs, les activités de contacts à l’interne et à l’externe; une révision de la structure organisationnelle; une mise à jour des profils de compétences; une bonne planification des activités et des plans de formation ainsi qu’un transfert graduel des activités entre Brossard et Beauharnois.
Ils ont notamment fait part des difficultés et imprévus lors de la construction du centre, comme la faible qualité du sol, les délais de construction dus notamment à des grèves et à la Covid-19, la fermeture du site à cause d’un hiver hâtif et le dépassement de coûts. Plusieurs éléments qui ont fait réduire la portée du projet, notamment son action dans les provinces de l’Est qui sont encore partiellement réapprovisionnées par les États-Unis.
Le bâtiment de 1 100 000 pi2 contient une solution ASRS, qu’IKEA nomme silo automatisé, pouvant contenir 245 000 palettes Euro.
Ikea a fait face à de nombreux défis et apprentissages lors de sa transition vers l’automatisation, dont une perte d’expérience et de compétences, une période de rodage, le travail avec un fournisseur externe de maintenance, l’établissement du contrat de maintenance ainsi qu’une certaine frustration vis-à-vis l’automatisation.
«Au cours des dernières années, je pense qu’on a travaillé très fort avec toute notre équipe pour s’assurer que ça fonctionne. On a les résultats qu’on voulait atteindre à ce stade», a indiqué Anne Vézina, directrice adjointe du centre de distribution de Beauharnois. «Par contre, on veut atteindre des résultats encore plus impressionnants, puis on veut se défier nous-mêmes.»
«Donc, quand on voit qu’il y a certains éléments qui sont hors de notre contrôle, c’est là que ça devient un peu frustrant. Par contre, lorsque tout fonctionne bien, puis on l’a vu à certains moments du côté de l’automatisation, c’est vraiment à un niveau qu’on ne peut pas espérer quand on travaille avec une solution conventionnelle. Mais je pense qu’il faut bien gérer nos attentes ainsi que celles de nos employés et de nos collaborateurs quand on effectue cette transformation.»
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