Forum logistique 2025 : Soprema mise sur le développement durable de sa chaîne logistique

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Le développement durable de la chaîne logistique est désormais une priorité pour de nombreuses entreprises. Soprema, spécialiste des solutions pour le bâtiment, en a fait un axe central de sa stratégie. L’entreprise a présenté sa démarche lors du Forum logistique 2025 organisé par le Groupe GCL.

Soprema a amorcé sa transition durable en 2017, en publiant des déclarations environnementales et sanitaires de produits, illustrant sa volonté de transparence. Un premier bilan carbone portant sur les scopes 1 et 2 a suivi en 2018.

«On a considéré que c’était pertinent de mesurer notre impact carbone, surtout d’un point de vue cohérent,» a expliqué Pierre-André Lebeuf, responsable du développement durable chez Soprema. «Nous avons une gamme de produits qui contribue à l’efficacité énergétique des bâtiments, mais nous ne connaissions pas notre propre impact. On menait plein d’initiatives pour s’améliorer, sans savoir si elles étaient les plus stratégiques.»

En 2019, l’entreprise a adopté une politique de développement durable basée sur le cycle de vie, couvrant l’ensemble de ses produits et activités. En 2021, son bilan carbone a été élargi au scope 3.

Pierre-André Lebeuf (Photo : David Simard-Jean)

L’importance des données

Au cœur de la démarche : la qualité des données. « Les données, c’est essentiel. Tout ce qu’on fait chez Soprema repose sur la qualité de la donnée qu’on utilise, » a insisté M. Lebeuf.

Cette approche a permis à l’entreprise d’analyser de manière fine et documentée l’efficacité de ses actions.

«On a mesuré nos premières émissions pour le transport des produits, mais ça a pris deux ans avant qu’on se donne des cibles de réduction,» a-t-il ajouté. «On voulait disposer d’un historique représentatif avant d’établir un objectif.»

L’analyse des données de transport a aussi permis de mieux comprendre les trajets et de cibler des optimisations. «Je savais qui était mon transporteur, d’où ça partait et où ça allait. Ces données nous ont aidés à visualiser les flux et à identifier des leviers de réduction.»

Objectifs de réduction

Soprema s’est fixé des objectifs progressifs : -18 % d’émissions liées au transport en 2022, -22 % en 2024, puis une réduction annuelle de 1,7 % par tonne-kilomètre d’ici 2030, afin de concilier décarbonation et croissance.

«On s’est rendu compte qu’il serait utopique de penser réduire au même rythme dans un contexte de croissance,» a reconnu M. Lebeuf. «Une baisse de 1,7 % représente pour nous l’équivalent de neutraliser l’augmentation des volumes.»

Les émissions liées au transport

La flotte interne de Soprema compte 16 camions desservant huit centres de services et entrepôts, en plus de 215 transporteurs partenaires.

L’entreprise a constaté que le transport de matières premières et de produits finis représentait une part majeure de son empreinte carbone. En 2024, 82,1 % de l’impact carbone total provenait des matières premières — incluant leur transport —, soit 10 480 tonnes de CO₂ équivalent, dont 685 tonnes émises par les transporteurs externes.

Le transport des produits finis a généré 13 261 tonnes de CO₂ équivalent, dont 87 % attribuables aux camions (7 % de la flotte interne et 80 % des collaborateurs externes).

Stratégies de décarbonation

Pour réduire ces émissions, Soprema mise notamment sur le transport intermodal, en transférant certaines expéditions du camion vers le train ou le bateau.

«On estime qu’on ne peut pas encore réduire davantage au niveau des camions,» a admis M. Lebeuf. «Mais sur ce qui est transférable, on anticipe une réduction absolue de 7,4 %, ce qui est déjà significatif.»

Parmi les autres initiatives :

  • l’implantation d’un Warehouse Management System et d’un Transportation Management System pour réduire les incertitudes et les transferts inutiles ;
  • l’usage accru de chariots élévateurs électriques ;
  • l’intégration d’un critère SmartWay pour les transporteurs externes (réduction potentielle : -3,3 %) ;
  • l’amélioration de l’efficacité énergétique des camions ( -1 %) ;
  • la divulgation de l’impact carbone sur la facture des clients, encore en phase exploratoire.

Soprema a également testé des camions au gaz naturel comprimé (GNC) et électriques. «Nos chauffeurs ont eu de bonnes impressions avec le GNC,» a indiqué M. Lebeuf. «Mais l’absence de stations de ravitaillement proches de nos sites nous a freinés.»

Quant aux véhicules électriques, le manque d’autonomie demeure le principal obstacle. «On a tout de même pris en compte le potentiel de ces technologies,» a-t-il ajouté.

Pour M. Lebeuf, la technologie et l’intelligence artificielle joueront un rôle déterminant dans la poursuite de cette transformation. «Avec l’intelligence artificielle qui entre en jeu, les opportunités d’innovation viendront, peut-être plus que jamais, d’une perspective technologique.»


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