Grève au Port de Montréal : menace de lock-out si les débardeurs n’acceptent pas l’offre finale de l’AEM
L’Association des employeurs maritimes (AEM) a soumis aujourd’hui une offre finale et globale au Syndicat des débardeurs et menace de mettre en place un lock-out au Port de Montréal en cas de refus.
Cette offre prévoit une augmentation salariale de 3% par année pour 4 ans et de 3,5% pour les deux années subséquentes, y compris une rétroaction depuis le début de 2024. Au terme du contrat de travail, la rémunération globale moyenne d’un débardeur s’élèvera à plus de 200 000 $ par année. Les augmentations proposées s’appliqueront aussi au régime de retraite et aux avantages sociaux actuels.

L’AEM consent à cette augmentation importante de la rémunération en considérant la disponibilité exigée de ses employés. Elle demande cependant aux débardeurs un délai minimum d’une heure pour signaler une absence avant un quart de travail afin de réduire les enjeux liés à la gestion des absences qui affectent les opérations quotidiennes de manière importante.
L’administration demande au syndicat un retour d’ici 20h ce dimanche sur cette offre. Dans le cas contraire, elle mettra un lock-out sur toutes les activités de débardage du Port.
Michel Murray, conseiller syndical du Syndicat des débardeurs, a fait savoir aux médias que le syndicat allait y répondre avant dimanche.
Les chambres de commerce réagissent
La Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ), la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM) et la Chambre de commerce de l’Est de Montréal (CCEM) unissent leurs voix pour sonner l’alarme sur les graves répercussions des arrêts de travail. Elles demandent au gouvernement fédéral d’intervenir pour résoudre définitivement ce conflit, considérant que l’imposition d’un arbitrage obligatoire aux parties concernées est nécessaire.
«Les conflits de travail aux ports de Montréal et de la Colombie-Britannique représentent une véritable tempête parfaite. Nos chaînes d’approvisionnement, déjà fragilisées ces dernières années, ont été particulièrement mises à mal ces derniers mois. Malgré l’intervention du gouvernement fédéral dans les conflits ferroviaires l’été dernier, la situation actuelle s’apparente de plus en plus à une catastrophe économique, nécessitant une action similaire du gouvernement», a déclaré Alexandre Gagnon, vice-président, travail et capital humain à la FCCQ.
«Ces grèves à répétition déstabilisent nos chaînes d’approvisionnement et érodent la réputation de fiabilité de Montréal comme port d’entrée pour le Midwest américain. À court terme, ce sont des pertes directes qui se profilent pour nos entreprises et une pression inflationniste sur les prix pour tous les consommateurs. À long terme, c’est notre compétitivité générale qui est mise en péril. Cet étranglement progressif de nos chaînes d’approvisionnement doit cesser», a ajouté Michel Leblanc, président et chef de la direction de la CCMM.
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