Grève ferroviaire: MEQ et le Conseil du patronat demandent au gouvernement de dénouer l’impasse
Manufacturiers et Exportateurs du Québec (MEQ) presse le gouvernement du Canada de mettre en œuvre les mesures nécessaires pour éviter un nouveau conflit de travail dans le secteur ferroviaire et le Conseil du patronat du Québec (CPQ) ajoute sa voix en réclamant une intervention rapide du gouvernement canadien pour éviter le pire et maintenir l’ensemble des activités ferroviaires.
«Le gouvernement doit agir de façon immédiate et responsable en demandant l’arbitrage exécutoire pour trouver une solution avec les parties, afin d’éviter la grève qui aurait des impacts économiques majeurs, notamment sur le dynamisme des manufacturiers du Québec. À terme, le cadre législatif doit être modernisé pour faciliter le recours à cet outil et ainsi éviter les perturbations récurrentes dans les secteurs stratégiques de l’économie», a indiqué MEQ par communiqué.
Devant la menace imminente d’un débrayage potentiel d’ici le 22 août 2024 chez les deux principales compagnies ferroviaires au pays (CN et CPKC), les manufacturiers sont de plus en plus inquiets des répercussions potentielles d’une telle grève, dans une économie déjà fragile.

Selon les données de sondage récoltées par MEQ auprès des entreprises manufacturières en mai 2024, l’économie canadienne se priverait, chaque jour de plus de 106 M$ en biens ne circulant plus sur les rails à travers le pays. Pour une entreprise, cela représente des pertes moyennes de 305 000 $ par jour, considérant la baisse anticipée des revenus et l’augmentation des dépenses encourues.
MEQ souhaite que le gouvernement fédéral, appuyé par tous les partis, joue un rôle proactif dans la résolution de cet enjeu en nommant un arbitre pour trouver une solution qui permettra d’éviter l’arrêt des activités ferroviaires, tout en s’assurant du retour au travail rapide dans ce secteur névralgique à l’économie québécoise et canadienne.
Le CPQ insiste sur l’urgence d’agir, notant que «dans moins de 72 heures, l’économie canadienne sera encore prise en otage à cause d’un énième conflit de travail dans le secteur des transports de marchandises.»
«Regardez autour de vous et probablement le ¾ de ce que vous voyez à voyager par les voies ferroviaires ou maritimes. Ces corridors commerciaux sont indispensables à notre économie. Dans tous les conflits de travail, le CPQ privilégie le dialogue, mais décréter un arrêt de travail dans le secteur des transports de marchandises ne devrait pas être considéré comme un moyen de pression raisonnable. Aucun syndicat ne devrait avoir le pouvoir de paralyser notre économie. Pour la réputation du Canada et pour le bien-être de notre économique, je demande au ministre de déclarer un arbitrage exécutoire. Nous lui demandons aussi de mettre en place une solution à long terme comme de légiférer pour élargir la notion de services essentiels prévue à la loi afin de prendre en considération le rôle vital des acteurs de la chaîne d’approvisionnement » déclare Karl Blackburn, président et chef de la direction du CPQ.
«L’amélioration récente de la situation économique au pays a mis du vent dans les voiles des entreprises manufacturières, qui se sont retroussé les manches pour être non seulement plus productives, mais aussi plus compétitives sur les marchés mondiaux. En paralysant les chemins de fer du pays, une nouvelle grève viendrait freiner cet élan et miner les efforts déployés par nos manufacturiers. Le temps presse pour que le gouvernement fédéral agisse avant qu’il ne soit trop tard», souligne MEQ.
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