Guerre commerciale Canada/USA: 1 PME sur 5 signale des annulations ou suspensions de commandes

De nouvelles données de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) révèlent que près de 18% des PME font face à des annulations ou suspensions de commandes en raison de l’incertitude entourant la situation des tarifs américains et canadiens. Cette proportion grimpe à 34% chez les exportateurs.

«L’incertitude entourant les tarifs est presque aussi dommageable que les tarifs en soi. Elle se répercute chez les propriétaires de PME, qui sont en train d’adapter leurs opérations au pied levé. Malgré le sursis de quelques semaines, on s’inquiète de l’impact à long terme des tarifs sur les PME», affirme Simon Gaudreault, économiste en chef et vice-président de la recherche à la FCEI.

(Photo : iStock)

Les données révèlent que la majorité (54%) des propriétaires de PME ne se sentent pas préparés pour assumer les impacts potentiels des tarifs douaniers américains et canadiens. Elles indiquent aussi que 24% envisagent de reporter ou d’annuler leurs projets d’expansion, que 20% envisagent de réduire leur effectif, que 45% cherchent de nouveaux fournisseurs pour faire face à la situation des tarifs et que 62% pourraient transférer les coûts supplémentaires à leurs clients à différents niveaux advenant l’application des tarifs américains et canadiens.

«Certaines entreprises pourraient changer leur modèle d’affaires et trouver de nouveaux marchés, mais cela prendra du temps. Cependant, plusieurs exportateurs nous disent que ce sera extrêmement difficile de s’adapter et qu’ils devront décider s’ils procèdent à des mises à pied, s’ils restent au Canada ou s’ils explorent de nouveaux marchés», souligne M. Gaudreault. «Le message est clair : les tarifs américains et les contre-tarifs canadiens ajouteront une pression financière sur les entreprises comme sur les particuliers.»

«Quant aux mesures à adopter pour aider les PME, 3 entrepreneurs québécois sur 5 demandent au gouvernement de réduire les taxes et impôts, de promouvoir l’achat local et d’encourager le gouvernement à s’approvisionner auprès d’entreprises d’ici. Ce sont des actions qui devraient être inscrites dans la réponse du gouvernement Legault et incluses dans le prochain budget prévu en mars», ajoute François Vincent, vice-président de la FCEI pour le Québec.

Du côté fédéral, la grande majorité (81%) des PME affirment que le Parlement devrait être rappelé pour gérer la menace tarifaire. Pour aider les PME à traverser cette période d’instabilité, la FCEI demande la reprise parlementaire immédiatement afin de geler la hausse de la taxe carbone prévue le 1er avril, d’adopter une loi pour que les remises de la taxe carbone destinées aux PME soient non imposables ainsi que celle proposée pour augmenter le plafond de l’exonération cumulative des gains en capital à 1,25 M$ et maintenir l’incitatif aux entrepreneurs canadiens.

«Dans le contexte actuel, c’est le moment de réduire les taxes et impôts, d’adopter le principe de reconnaissance mutuelle pour éliminer les obstacles au commerce interprovincial et de promouvoir l’achat auprès de nos PME locales», indique Jasmin Guénette, vice-président des Affaires nationales à la FCEI. «Si le Canada riposte avec des contre-tarifs, il faut s’assurer que les revenus tirés de ces tarifs ne soient pas accaparés par le gouvernement et reviennent aux importateurs et aux exportateurs le plus rapidement possible.»


Have your say

We won't publish or share your data

*