Impulsion 2025 : développer le transport longue distance zéro émission

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Le transport lourd sur longue distance n’est pas un allié naturel de la propulsion électrique à batteries, et cette incompatibilité a pour effet de ralentir la transition énergétique. Des experts ont offert des solutions pour développer le transport longue distance zéro émission lors d’un panel présenté au colloque Impulsion 2025.

«Il y a certainement un apprentissage à faire quant à la façon de planifier et d’optimiser vos routes», a déclaré Rodrigue Al Fahel, gestionnaire de projets chez Lindholmen Science Park. «Nous ne pouvons pas prévoir exactement comment le développement de la carboneutralité va se réaliser.»

De gauche à droite, Steven Blaney, PDG d’Hydrogène Québec, Rodrigue Al Fahel, Karin Ebbinghaud et François Tremblay (Photo : David Simard-Jean)

Enjeux

François Tremblay, président de Prevost et de Groupe Volvo Canada, a fait part de trois principaux enjeux dans le développement du transport zéro émission. Le premier est le coût important des véhicules zéro émission.

«Vous devez comprendre que les véhicules électriques seront beaucoup plus chers. Pour vous donner une idée de l’ampleur, les autocars au diesel coutent environ 850 000 $. Pour les électriques, ce sera autour de six millions de dollars. Vous pouvez imaginer que, pour un exploitant, c’est un investissement important.»

Selon lui, il faudra de l’aide financière provenant de subventions, voire une augmentation de ces dernières. «C’est vrai qu’il existe des subventions fédérales, mais  l’ensemble des subventions qui sont offertes totalise environ 1,5 million $, donc on a toujours 4,5 millions $ de différence», a indiqué M. Tremblay

Le deuxième enjeu est le développement des infrastructures de recharge. «La croissance de l’infrastructure de recharge est notre défi le plus important. Nous devons soutenir nos opérateurs qui s’occupent de l’infrastructure», souligne M. Tremblay, qui ajoute qu’il faut se fier à des partenaires et aux localités pour qu’une infrastructure de recharge puisse fonctionner correctement.

Le troisième point est l’éventualité de recycler les batteries des véhicules pour les intégrer dans les stations de recharge, une méthode qui pourrait fonctionner, mais qui est encore remise en question. «Typiquement, quand on enlève une batterie d’un véhicule, elle est à 80% de sa vie. Donc, on peut l’utiliser pour les stations de recharge. Ça marche assez vite, car la recharge prend une heure. Donc ça aide dans les zones rurales», a affirmé M. Tremblay.

Le cas hydrogène

Beaucoup d’experts du secteur le confirment : l’hydrogène propre est une option non négligeable pour alimenter les véhicules zéro émission utilisés pour la longue distance. En effet, il a été maintes fois prouvé que si les véhicules électriques à batteries déploient leur plein potentiel en zone urbaine et sur de courtes distances, l’hydrogène s’avère être très avantageuse pour les longs trajets.

«L’hydrogène offre un potentiel énorme pour la longue distance», confirme M. Tremblay. «C’est pourquoi Volvo est en train de travailler là-dessus en ce moment. Nous voyons beaucoup de possibilités avec l’hydrogène.»

Cependant, malgré de belles promesses, la technologie est encore à un stade de développement, les véhicules fonctionnant à l’hydrogène étant très rare sur le marché, tout comme les infrastructures de ravitaillement.

«Je pense qu’il y faudra du temps pour que l’hydrogène puisse être produite plus rapidement», a déclaré M. Al Fahel. «La façon la plus efficace d’y arriver, c’est de regarder où nous en sommes en ce moment et de garder un œil sur les opportunités du système pour pouvoir mieux le planifier. C’est un grand défi.»

Il existe cependant d’autres alternatives à l’hydrogène, par exemple le gaz naturel et le diesel renouvelable, voire des solutions électriques. C’est sur ce quoi travaille Karin Ebbinghaud, cheffe de la direction et cofondatrice de l’entreprise suédoise Elonroad, qui propose notamment une technologie expérimentale de routes électriques où les véhicules peuvent se recharger tout en roulant.

Pour les panélistes, la collaboration et les partenariats avec le reste de l’industrie sont primordiaux pour le développement du transport durable.

«Il ne faut pas essayer de tout faire tout seul, mais il faut avoir une certaine relation avec les autres, ce qui, je pense, fait une grande différence», a souligné M. Tremblay. «Nous sommes complètement engagés à contribuer pour les solutions de décarbonation. Mais nous devons nous assurer que vous avons a du soutien pour l’accélération des développements, et nous devons avoir des subventions pour l’achat d’équipement.»

«Je pense que dans cette transition, nous avons besoin de nouveaux partenariats» acquiesce Mme Ebbinghaus.


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