Impulsion 2025 : la télématique, l’alliée de la transition énergétique
L’électrification des transports lourds demandera beaucoup de gestion et de planification pour les transporteurs intéressés. C’est dans ce contexte que l’utilisation des données et la télématique seront des atouts importants, selon un panel sur le sujet présenté lors d’Impulsion 2025, colloque organisé par Propulsion Québec.
La télématique et la collecte de données donnent en effet un meilleur aperçu des opérations de la flotte. «Cela permet aux organisations d’avoir une approche plus holistique de la durabilité en intégrant ces données dans les chaînes de processus, et cela permet d’obtenir un mélange de ces indicateurs de durabilité, comme la consommation de carburant et les émissions de carbone, pour atteindre un objectif zéro émission», explique Katarina Brud, directrice de MobilityXLab.
Dans le contexte d’utilisation de véhicules électriques, qui demandent très souvent de prendre en compte des paramètres additionnels pour leur gestion, la télématique permettra aux gestionnaires de mieux se familiariser avec cette nouvelle technologie.

«On a des gestionnaires de flotte qui ont travaillé de la même façon depuis une centaine d’années pour planifier le réapprovisionnement pendant le parcours», a souligné Anthony Mainville, président d’Attrix Technologies. «Maintenant, ils sont dans une situation où le poids du chargement a un impact significatif. Ils se rendent même compte que la température, notamment au Québec, a un effet important sur l’autonomie. La donnée télématique permet de prévoir pour les flottes de véhicules quel parcours qui leur conviennent le mieux»
«Il ne faut pas penser qu’on change notre façon de travailler lorsqu’on exploite des véhicules électriques et qu’on ne fait rien d’autre à part optimiser nos routes. On optimise toujours nos routes, mais aujourd’hui, on gère ça avec de l’énergie et la batterie», a ajouté Catryn Pinard, présidente et chef de la direction de Nationex.
La télématique permettra aussi de créer un secteur multiénergétique. «La télématique permet d’avoir vraiment une visibilité complète sur l’énergie qu’il faut utiliser et dans quelles situations», a ajouté M. Mainville.
Une télématique intelligente
Cependant, commencer à prendre davantage en compte la télématique n’est qu’une étape pour rendre la transition énergétique fluide. «Ça va être absolument essentiel d’utiliser nos données de façon intelligente», a indiqué Mme Pinard. «Aujourd’hui, on a des systèmes qui nous permettent, dans notre industrie, de prévoir la demande, donc, le volume et le prix. C’est important parce que si on veut avoir le bon nombre de camions sur la route, et pas le double qu’on est censé avoir, il faut essayer d’être le plus précis possible.»
«Si l’on veut faire une différence, il ne faut pas juste transformer un camion en camion électrique; il y a un ensemble de choses qu’on doit réussir à faire. Quand on parle de télématique, il faut que l’on soit capable d’agir en temps réel et de prendre des décisions rapidement», précise-t-elle.
Pour la directrice de Nationex, l’utilisation de l’intelligence artificielle s’avèrera également un excellent atout pour l’organisation des données, car elle permet une optimisation en temps réel, tout en organisant les données de façon intelligente et plus efficace qu’un humain. «Il ne faut pas que ce soit seulement l’humain qui prenne les décisions, parce qu’il est confronté à ses propres barrières», a fait part Mme Pinard. «Il peut prendre en compte un maximum de données, alors que la machine peut en faire plus.»
Se lancer maintenant
Les panélistes sont d’accord pour dire que les entreprises doivent dès maintenant commencer à réaliser l’importance de leurs données télématiques pour améliorer l’efficacité de leurs opérations, et pour pouvoir se lancer plus facilement dans une transition énergétique.
«Ça va être encore plus important dans le futur, parce que l’on va ajouter de la réglementation à l’équation», a affirmé Mme Pinard.
«On se lance un peu dans le vide quand on est les premiers, mais il faut avoir une vision qui va dépasser ce que l’on projette plus loin dans le temps. Les clients, maintenant, ont accès à l’information, ils veulent un service rapide, efficace et écologique.»
M. Mainville pense que l’utilisation de la télématique, tout comme la transition énergétique, ne pourra pas se populariser sans aide financière. «Je pense que les subventions sont nécessaires, surtout en début d’adoption, parce que beaucoup de technologies sont dispendieuses. Je pense fermement que l’on doit demander aux gouvernements et aux grandes compagnies de favoriser le transport vert.»
«Je pense réellement et j’espère que les efforts qui ont été faits dans les dernières années ont porté fruits», ajoute-t-il. «On voit l’opportunité de mettre le Québec en avance dans la transition énergétique en Amérique du Nord, en plus de collaborer avec nos nouveaux amis européens pour continuer avec les changements que l’on a commencé de faire.»
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