Impulsion 2025 : l’électrification est un investissement risqué, mais bénéfique

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L’implantation de nouvelles technologies demande un important investissement financier, et les véhicules électriques n’y font pas exception.

«Pour moi, c’est une bonne vieille équation de profit, soit le revenu moins les coûts équivaut au profit», a déclaré George Fotopoulos, vice-président et responsable de l’unité commerciale e-mobilité chez Mack Trucks, lors d’un panel de la conférence Impulsion 2025, organisée par Propulsion Québec.

De gauche à droite, Geneviève Guertin, vice-présidente placements privés et investissements d’impact | Énergie, environnement et technologies, chez Fonds de solidarité FTQ, Philippe Beauchamp, George Fotopoulos, Ashley Horvat et Keith Kerman (Photo : David Simard-Jean)

Ce dernier a expliqué les trois facteurs qui influencent les coûts liés aux véhicules électriques. Le premier, c’est le choix de la technologie du fabricant. En effet, certaines technologies de transport durable sont plus onéreuses que d’autres, ce qui pousse le fabricant à faire des choix. «Si vous voulez maintenir les revenus, vous allez devoir réduire les coûts, ce qui influencera votre choix de technologie.»

Le deuxième, c’est l’application du véhicule. «Il faut pouvoir extraire le bénéfice de l’efficacité afin de réduire les coûts d’exploitation. Si vous mettez le VE sur une route de 200 kilomètres, vous pourrez explorer ce qui vous a bénéficié et ce qui vous a éloigné du revenu.»

Le troisième, c’est le modèle d’affaires. «Et si vous tirez profit de ce modèle d’affaires, non seulement vous pouvez rouler de façon propre, mais vous verrez un retour dès le premier jour.»

Un pari financier

Si l’électrification semble être un investissement risqué, elle peut amener beaucoup d’avantages. «L’électrification a un coût supplémentaire, c’est un investissement que vous avez à faire. Mais, que nous le voulions ou non, nous électrifions de façon à économiser des coûts», a fait part Keith Kerman, chef de la flotte et commissaire adjoint pour le NYC Citywide Administrative Services, dont la mission est d’électrifier les véhicules municipaux de New York.

La meilleure façon d’assurer un investissement profitable dans des projets d’électrification, c’est de faire usage de la technologie pour développer son plein potentiel. «La beauté des technologies électriques, elle apparait quand vous les utilisez, pas quand vous achetez une batterie et que vous la laissez prendre la poussière. Sinon, n’investissez pas dans une technologie si prometteuse», a affirmé Philippe Beauchamp, PDG d’UgoWork.

«Certains estiment que les moteurs à combustion interne au diesel sont plus efficaces que les véhicules électriques. On travaille encore sur la question, mais avec une meilleure utilisation de la technologie, il n’y a pas de barrières pour l’électrification», a-t-il ajouté.

Aide financière

Les panélistes sont conscients des complexités financières que peut entrainer l’adoption d’un véhicule électrique. C’est pourquoi plusieurs d’entre eux n’hésitent pas à aider leurs clients dans cette aventure.

«Que ce soit une petite ou une grande entreprise, c’est compliqué de faire cet investissement, surtout quand on est dans notre climat économique et politique actuel. Donc, en aidant nos clients, on aide à faire avancer la transition énergétique», a indiqué Ashley Horvat, cheffe des opérations et de la direction commerciale chez 7Gen.

Mack Trucks tient quand même à aider ses clients dans leur transition énergétique en leur offrant aussi un service financier.

«Une autre chose importante pour nous, c’est la paix d’esprit, qui prend la forme d’un contrat d’ultra-service qui exige une garantie, mais aussi qui permet de faire un plan d’entretien du véhicule. Et puis, cela vous offre aussi une paix d’esprit, la garantie de performance de la batterie. Vous n’avez pas à vous inquiéter lorsque vous travaillez sur la route», a lancé M. Fotopoulos.

L’enjeu des infrastructures de recharge

Il ne faut pas seulement prendre en compte l’achat d’un véhicule, il faut aussi tenir compte de l’installation de l’infrastructures de recharge. En effet, si les entreprises souhaitent posséder un véhicule électrique, elle doit avoir également une infrastructure de recharge électrique qu’elle ne possédait pas avant, ce qui amène une logistique et un coût supplémentaire. Cette infrastructure est cependant obligatoire, et s’y investir est primordial pour le futur.

«Nous devons préparer l’infrastructure pour les clients», a souligné Mme Horvat.«Souvent, nos clients sont venus à nous en pensant qu’ils allaient être capables de s’adapter pour la recharge. Notre mission, c’est de travailler avec eux pour éviter les problèmes.»

«Nous allons investir dans l’avenir, mettre des recharges dans le monde et développer l’infrastructure, même si ça va prendre beaucoup de temps», a ajouté Keith Kerman.


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