Impulsion 2025 : l’imprévisibilité est le principal obstacle à la transition énergétique

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Beaucoup de fabricants de camions ont décidé d’investir dans la transition énergétique. Cependant, ils doivent faire face à de nombreux freins. Kristian Aquilina, président et directeur général de General Motors Canada; Matthew Blackman, directeur général de Volvo Trucks Canada; et Maxime Boyer, chef de la direction de Globocam, ont fait part de ces barrières lors d’un panel à Impulsion 2025.

Un manque de prévisibilité

Parmi les principaux défis, l’imprévisibilité du marché est celui qui pourrait le plus affecter la transition énergétique. En effet, si les fournisseurs et les consommateurs ont du mal à se faire une idée à quoi pourrait ressembler une industrie du camionnage zéro émission, il y aura peu de confiance envers la technologie.

«Nos consommateurs  veulent participer à la carboneutralité. Nous devons essayer de construire à partir de ça et d’investir dans tous les types de scénario, mais c’est très difficile de trouver un plan pour prendre des engagements longs et solides dans ce domaine», a affirmé M. Aquilina.

De gauche à droite, Michelle Llambias Meunier, PDG de Propulsion Québec, Kristian Aquilina, Matthew Blackman et Maxime Boyer (Photo : David Simard-Jean)

Il considère aussi que le manque d’infrastructures de recharge ainsi que les technologies peu abordables peuvent compliquer les choses. «Avoir des personnes qui, par collaboration, peuvent gérer tout ça et donner de la stabilité est probablement la meilleure chose que nous avons en ce moment. Et cela va donner des politiques et du financement qui peuvent subvenir à long terme, sans nécessairement intégrer ou dégager ces barrières.»

M. Blackman voit également cette imprévisibilité toucher les consommateurs et les vendeurs. «Le grand défi, c’est la vision de nos clients et de nos vendeurs», a-t-il dt. «Nous avons eu beaucoup de succès ici avec la batterie électrique grâce au soutien des gouvernements provincial et fédéral, ce qui nous a permis de nous établir rapidement. Mais lorsque nous voyons la volatilité dans le marché, cela rend très désavantageux pour nos clients de continuer leur transition sur le long terme, parce qu’ils ne savent pas ce que demain va être.»

Maxime Boyer ajoute que l’industrie a besoin du soutien des gouvernements, notamment via des incitatifs financiers, pour que les projets de transition énergétique puissent continuer d’exister. «Des subventions comme le programme Écocamionnage, ce sont de très bons outils qui ont été fournis à nos clients, mais il faut s’assurer d’avoir une durabilité dans la décision que le gouvernement prend pour mettre ces programmes de l’avant», a-t-il souligné.

L’importance du soutien et de la confiance

Mais malgré le fait que le marché puisse être très imprévisible, les trois panélistes restent optimistes face à l’avenir, surtout parce qu’ils y croient fortement.

«Je pense que notre industrie, et certainement notre entreprise, est commisse à s’assurer que la technologie soit offerte et abordable pour le plus grand nombre de clients», a expliqué M. Aquilina. «Je pense que nous serons guidés. Que les autres acteurs, les gouvernements, les compétiteurs, jouent un rôle ou non, c’est à déterminer. Nous, en tant que fabricants, avons une vision très claire.»

Une vision que partage M. Blackman. «En tant qu’entreprise, nous prenons un regard à plus long terme. Je pense qu’il faut juste soutenir tout le monde dans ce domaine. Nous avons besoin de ce soutien pour nous assurer que nos clients prennent confiance quand ils commencent ce projet et qu’ils puissent continuer à acheter.»

L’accent mis sur la collaboration avec les clients permettra entre autres d’atténuer les obstacles de la transition. «Le choix du client déterminera le taux d’adoption, et nous faisons notre part pour la transition énergétique en offrant des véhicules électriques pour chaque portefeuille», indiqué M. Aquilina.

«Ce que nous avons décidé de faire, c’est de créer un partenariat avec nos clients afin de les accompagner, surtout en ce qui a trait à la formation sur la façon de faire cette transition énergétique», a ajouté M. Boyer, précisant que cette collaboration ne doit pas seulement venir des grandes entreprises, mais aussi des PME. «Ça nous prend des clients pionniers qui sont des petits transporteurs, ceux qui ont décidé de faire un acte de foi, puis de faire la transition, puis d’investir.»

M. Boyer rappelle quand même qu’«il faut avoir une certaine prévisibilité. Il faut que les gouvernements suivent, que les clients investissent, que les fabricants continuent d’investir davantage en technologie. Mais est-ce que c’est atteignable? Oui. Il faut rester optimiste, mais il y a plus de chances que ce soit un peu reporté dans le temps».


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