Jour 1 des tarifs de Trump : déjà des soubresauts et des annulations de commandes en camionnage

Bécancour a été au cœur du débat sur les tarifs douaniers aujourd’hui, avec la fermeture annoncée de l’usine Alubar qui y fabrique des tiges d’aluminium exportées aux États-Unis. Les activités vont finalement reprendre après seulement 24 heures mais l’usine pourrait réellement fermer avec la seconde vague de tarifs sur les produits de l’aluminium prévue pour dans quelques jours.

Dominique Goudreau est président fondateur de DG Express, une entreprise de camionnage qui a justement son siège social à Bécancour.

En entrevue à Transport Routier, il explique qu’Alubar ne fait pas partie de ses clients mais que l’impact des tarifs douaniers se fait déjà sentir depuis un moment, notamment pour le bois d’œuvre et autres matériaux de construction. Les clients ont voulu faire le plein de marchandise avant les surcoûts du 4 mars.

Portrait de Dominique Goudreau, président DG Express
« Je garde la vue sur mon objectif », dit Dominique Goudreau, fondateur de DG Express. (Photo : courtoisie)

« Avec le surplus de travail qu’on a depuis un mois, j’ai été obligé d’embarquer dans un camion pour transporter, pour aider. Ça m’a permis de visiter les cours à bois de l’autre bord. Je dirais que dans ce que j’ai vu, c’est 85 % du stock là-bas qui est du bois canadien », dit l’ancien camionneur qui est depuis une vingtaine d’années à la tête d’une flotte de 47 camions tracteurs et de plus de 60 remorques plateformes.

Les mécaniciens de l’entreprise détenant leur permis de classe 1 ont même été mis à contribution afin de répondre à la demande en transport.

Cet empressement des clients était compréhensible au vu des sommes supplémentaires à verser en vertu des taris américains.

« C’est quand même des montants importants. Selon la valeur de la marchandise, du voyage, j’ai calculé et c’est entre 5 000 $ et 7 000 $ canadiens de plus par voyage », dit M. Goudreau au sujet des frais excédentaires que doivent payer les destinataires.

Commandes annulées… puis réactivées

Les clients de l’entreprise ne semblaient plus savoir sur quel pied danser alors que l’horloge s’approchait de minuit dans la soirée du 3 mars, la veille de l’entrée en vigueur des tarifs.

« Hier on a quand même eu plusieurs commandes de cancellées à la dernière minute, à 17h00 », témoigne le transporteur de Bécancour.

Puis, dans une forme de chaos organisé, plusieurs se sont ravisés.

« Les commandes qui nous ont été cancellées hier et ce matin, en date de cet après-midi elles sont déjà revenues. Les clients nous ont déjà rappelés pour nous les redonner. »

« Ici au Québec, on a de très bons produits, on est réputés. Les clients ne peuvent pas se revirer de bord demain matin, c’est impossible », dit M. Goudreau au sujet des Américains acheteurs.

Camion et remorque DG Express, vus de ¾ avant.
La flotte de DG Express compte 47 camions tracteurs et plus de 60 remorques plateformes. (Photo : courtoisie)

Fluidité aux douanes

Il n’y avait pas foule aux douanes lorsque Dominique Goudreau y est passé aujourd’hui avec un voyage à destination des États-Unis.

« Aujourd’hui, parce que c’est la première journée, c’est très fluide. On voit que l’achalandage a diminué pas mal parce que ça prend le temps de le dire que la cargaison est dédouanée », témoigne celui selon qui des fermetures d’entreprises en série sont à craindre si les Américains n’arrivent plus à vivre dans un monde où tout coûte 25 % plus cher.

Camions de DG Express sous le drapeau américain, à Lacolle.
DG Express dispose d’un site à Lacolle, qui permet d’optimiser le camionnage transfrontalier tout en respectant les heures de service des chauffeurs. (Photo : courtoisie)

Il demeure néanmoins optimiste.

« Je garde la vue sur mon objectif et je continue d’avancer en espérant que tout aille bien », conclut le patron de DG Express.


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