La CAQ rejette la pétition de Monsef Derraji contre le stratagème Chauffeur inc.
Le porte-parole de l’opposition officielle en matière de Transports et de mobilité durable, Monsef Derraji, dénonce le gouvernement de la CAQ pour avoir rejeté la pétition de 2 936 signataires qu’il avait déposée, demandant un renforcement des mesures de contrôle afin de mettre fin à la présence de camionneurs illégaux.
M. Derraji estime que ce rejet confirme l’entêtement de la CAQ à ne pas agir pour assurer aux Québécois un réseau routier sécuritaire et équitable.

«D’où vient donc cet acharnement des élus caquistes à vouloir protéger les chauffeurs illégaux, et ce, au détriment de la sécurité de tous les Québécois sur nos routes et de l’équité fiscale? C’est incompréhensible», a décrié M. Derraji. «Des milliers de citoyens ont pris le temps de signer cette pétition, qui demande pourtant le minimum de la part de son gouvernement, mais celui-ci n’en a cure de leur opinion et préfère l’immobilisme.»
Cette annonce survient une semaine après que le gouvernement fédéral a dévoilé un investissement de 77 M$ dans des mesures pour contrer le stratagème. Une initiative saluée par l’Association du camionnage du Québec (ACQ), qui estime que le gouvernement provincial doit en faire autant, voire davantage, sur ce dossier.
«La pétition a certes été déposée par un parti de l’opposition, mais il n’en demeure pas moins que l’enjeu est très fondé et que le gouvernement se traîne les pieds depuis de nombreuses années sur toutes nos revendications à l’égard de cette problématique qui perdure», a déclaré Marc Cadieux, PDG de l’ACQ.
Il déplore que les ministres du gouvernement du Québec continuent de se renvoyer le dossier sans prendre le temps de collaborer.
«Ça ramène à ce que je dis depuis tout ce temps et que j’ai répété au ministre Jonatan Julien : je suis exténué d’entendre les ministres se lancer la balle entre eux. Ils ont tous chacun un morceau de l’équation à traiter, mais ça prend au départ une volonté hautement politique», a affirmé M. Cadieux.
«Et c’est pour cela que je m’adresse maintenant au premier ministre François Legault, parce que s’il y a une volonté gouvernementale, c’est à lui de dire à chacun de ses ministres de faire leur bout de chemin dans la partie qui les interpelle au niveau législatif pour régler ce problème.»
M. Cadieux salue également l’initiative du ministre fédéral François-Philippe Champagne, notamment le fait qu’il reconnaisse la voix des organisations de camionnage dénonçant le problème, et qu’il ait accordé un budget pour favoriser le partage d’information entre les différents ministères concernés.
«C’est ce que je demande au Québec : que le gouvernement en fasse autant», a souligné M. Cadieux. «Le problème est tentaculaire ; ce n’est pas un seul ministère qui détient la solution.»
Le PDG de l’ACQ rappelle que le stratagème Chauffeur inc. est un procédé déloyal qui bouleverse l’économie et fragilise les petites entreprises du Québec.
«On tue et on aliène des compagnies multigénérationnelles qui fonctionnent dans une fiscalité loyale au sein d’une compétitivité hautement déloyale, parce qu’elles ne fonctionnent pas sur les mêmes paramètres. Ce stratagème repose sur une stratégie fiscale qui exploite des travailleurs dépourvus de protections et de droits du travail. C’est une forme d’esclavagisme moderne.»
«Maintenant que la CAQ refuse de prendre acte du problème soulevé par la pétition, sous prétexte qu’elle émane de l’opposition officielle, le résultat demeure : le problème persiste», a-t-il conclu.
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