La dégradation des infrastructures de transport ne fait qu’empirer, selon une étude de la FCCQ

Plus le temps passe, plus les infrastructures de transport du Québec se dégradent, et les investissements actuels ne permettent pas de résorber le déficit de maintien d’actifs (DMA), qui se situe autour de 20 milliards de dollars, alors que des infrastructures se rajoutent. Si on laisse les choses se dégrader et que l’on ajoute trop d’infrastructures sans réparer ce qui est déjà en place, on va se retrouver avec des conséquences graves.

C’est ce qu’a affirmé Philippe Gougeon directeur et économiste pour Appeco, lors du dévoilement de l’étude Infrastructures de transport au Québec : investir pour l’avenir réalisée par sa firme à la Journée économique : perspectives 2025 de la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ).

Philippe Noël, vice-président Affaires publiques et économiques de la FCCQ
Philippe Noël, vice-président Affaires publiques et économiques de la FCCQ. (Photo: FCCQ)

«Nous devons davantage nous assurer de la pérennité de l’ensemble des infrastructures de transport au Québec, pour ainsi, retrouver notre fierté en matière de déplacement des personnes et des marchandises», a indiqué a expliqué Philippe Noël, vice-président Affaires publiques et économiques de la FCCQ. «L’étude que nous dévoilons aujourd’hui porte un regard exhaustif sur l’état de nos routes et les actions à poser, mais il y a énormément à faire également pour le transport collectif et les infrastructures assurant l’intermodalité des déplacements de personnes et de marchandises, comme les aéroports, les chemins de fer et les ports maritimes, pour ne nommer que celles-ci.»

M. Noël déplore que, depuis plusieurs années, la dégradation des infrastructures au Québec ne fait qu’empirer, ce qui témoigne de la nécessité à corriger le tir dans la planification des infrastructures publiques. «Notre étude met en lumière cette problématique, à laquelle les ordres de gouvernement devraient apporter une plus grande attention que dans les dernières années », a-t-il dit.

Les infrastructures de transport ont, pour la plupart, été construites dans les années 1960 à 1980. Elles font face à un important déficit de maintien d’actifs estimé à plus de 19 milliards de dol[1]lars, seulement pour le réseau routier en 2022.

Le rapport 2023 du Vérificateur général du Québec a révélé que l’état réel du réseau routier supérieur serait en fait pire qu’indi[1]qué dans les indicateurs officiels du ministère du Transport et de la Mobilité surable. Environ la moitié des chaussées sont en mauvais état et plusieurs d’entre elles ont atteint la fin de leur durée de vie. Ces chaussées requièrent des interventions correctives, mais les travaux de conservation réalisés sont insuffisants, si bien que le DMA est en croissance. En 2022, il atteignait 10 G$, soit plus du quart du déficit de toutes les in[1]frastructures publiques du Québec.

Philippe Gougeon directeur et économiste pour Appeco
Philippe Gougeon directeur et économiste pour Appeco. (Photo: FCCQ)

Un des premiers constats du rapport, c’est que l’état des infrastructures de transport québécoises montre des disparités régionales significatives. Bien que des investissements gouvernementaux aient permis de stabiliser le DMA depuis quelques années, des proportions importantes des routes, des ponts et des tunnels sont en mau[1]vais ou très mauvais état. Cette situation est accentuée dans certaines régions, telles que Chaudière-Appalaches et l’Abitibi-Témiscamingue, où l’état du réseau routier est parti[1]culièrement préoccupant.

En moyenne, les routes sont prévues pour durer 20 à 30 ans avant des travaux majeurs de reconstruction, mais un manque d’entretien réduit leur qualité et leur longévité. Le sous-entretien entraîne des coûts significatifs pour les usagers, en plus d’augmen[1]er les dépenses à long terme du gouvernement. Pour chaque dollar économisé sur l’entretien des infrastructures routières, les coûts pour les usagers peuvent augmenter de 2 à 3 dollars, et les coûts futurs pour le gouvernement de 4 à 5 dollars. En somme, l’entretien préventif permet des économies substantielles à long terme, ce qui démontre l’importance d’une gouvernance ri[1]goureuse et de pratiques de gestion optimisées, dit le rapport d’Appeco.

La FCCQ conclut qu’étant donné la dégradation actuelle des infrastructures de transport, les ordres de gouvernement doivent d’abord prioriser les travaux visant à résorber le DMA et l’entretien adéquat des actifs existants; que l’ajout de nouvelles infrastructures de transport peut se justifier économiquement s’il s’effectue à un rythme plus modéré et seulement si le financement actuel et futur d’entretien de l’ensemble des actifs est assuré; qu’un portrait précis de l’état de toutes les infrastructures de transport doit être réalisé rapidement afin de prioriser les investissements; et que les infrastructures routières hors des grands centres devraient obtenir davantage d’attention des gouvernements qu’actuellement, car plusieurs d’entre elles sont dans un état particulièrement détérioré.


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