La formation obligatoire pour véhicules lourds sera imposée le 15 décembre

Après plusieurs mois de préparation, le ministre des Transports et de la Mobilité durable, Jonatan Julien, annonce l’entrée en vigueur, le 15 décembre 2025, de la formation obligatoire pour les personnes souhaitant obtenir un permis de conduire de classe 1.

Cette mesure, attendue depuis longtemps par l’industrie, réjouit notamment Marc Cadieux, président-directeur général de l’Association du camionnage du Québec (ACQ). «Ça fait quand même plusieurs années que toutes les associations à travers le Canada, incluant nous, exerçons une pression pour trouver une formule qui obligerait à avoir une formation minimale obligatoire», a-t-il affirmé.

Il espère toutefois que la mise en œuvre au Québec se déroulera mieux qu’en Ontario, où des difficultés avaient été rencontrées lors de la vérification des formateurs.

«C’est bien d’établir un curriculum, mais il faut s’assurer qu’il soit respecté à la lettre et que les formateurs qui dispenseront ces formations aient été bien formés. Il doit aussi y avoir une possibilité d’audit de la qualité de la formation donnée sur le terrain», a-t-il ajouté.

Photo : CFTR

Un levier pour la sécurité routière

Pour le ministre Julien, cette nouvelle exigence vise avant tout à améliorer la sécurité routière liée à la conduite de véhicules lourds.

«Cette formation obligatoire assurera une meilleure sécurité sur nos routes et permettra d’agir sur le problème des chauffeurs inc., comme je m’y étais engagé auprès de l’industrie du transport. Les futurs conducteurs et conductrices de véhicules lourds seront notamment mieux formés aux comportements sécuritaires pour réagir face à différentes situations à risque», a déclaré le ministre.

Annie Lafond, présidente-directrice générale par intérim de la SAAQ, a renchéri : «Les conséquences des accidents impliquant des véhicules lourds sont souvent graves à cause de leur poids et de leurs dimensions. La formation obligatoire contribuera à améliorer le bilan routier et à accroître la sécurité sur nos routes.»

Marc Cadieux rappelle que, si cette mesure renforce la sécurité des nouveaux conducteurs, elle ne règle pas les problèmes déjà présents sur le réseau routier. «C’est une forteresse pour les nouveaux arrivants dans la classe 1, a-t-il souligné. On regarde vers l’avenir, mais il faut aussi gérer le passé, car c’est encore ce qui nous préoccupe avec tous les accidents qu’on voit sur les routes.»

Deux voies de formation possibles

La formation obligatoire pourra être suivie par deux parcours :

Le diplôme d’études professionnelles (DEP) en transport par camion du ministère de l’Éducation du Québec, une formation de 615 heures offerte dans des centres spécialisés comme le CFTC et le CFTR ;

Le Programme d’éducation à la sécurité routière (PESR – classe 1), offert par un prestataire reconnu par la SAAQ, comprenant 125 heures de formation, dont 50 heures de conduite pratique.

«Ce programme a été mis en place un peu à l’image du permis de classe 5, qui comprend déjà une formation obligatoire. On voulait faire la même chose avec le permis de classe 1», a expliqué Yves Maurais, directeur des dossiers techniques et opérationnels à l’ACQ.

Un encadrement rigoureux des formateurs

Gérée entièrement par la SAAQ, la formation pourra être offerte par des écoles de conduite, mais aussi par des entreprises et organismes accrédités comme prestataires. Ces derniers devront suivre un cours de 75 heures pour être formés au programme, y compris des modules sur la pédagogie et l’évaluation des compétences des formateurs.

La SAAQ vérifiera ensuite la conformité de ces formateurs afin d’assurer la qualité du programme. Jusqu’à 280 formatrices et formateurs pourraient être formés d’ici 2026.

Le ministre Julien a d’ailleurs invité les entreprises souhaitant devenir prestataires à participer à un webinaire gratuit le 18 décembre.


Have your say

We won't publish or share your data

*