La grève des débardeurs américains pourrait avoir des impacts jusqu’à la mi-novembre, dit le Conference Board
Alors que le port de Montréal se relève d’une grève de trois jours de ses débardeurs, leurs collègues de 36 ports des États-Unis, relevant de 14 autorités portuaires différentes de la côte Est jusqu’au Texas, en sont à leur troisième jour de piquetage.
Selon le Conference Board, la décision des employeurs d’automatiser le traitement des passages des camions, en contravention avec la convention collective, serait au cœur du litige, en plus des revendications salariales des débardeurs. Les augmentations demandées seraient de l’ordre de plus de 70 %, afin de rattraper la rémunération obtenue par les débardeurs de la côte ouest.

Une seule semaine de grève coûterait 3,78 milliards $ à l’économie américaine (540 millions $ par jour), estime le groupe de réflexion.
Les 36 ports en grève traitent 57 % de l’ensemble du volume de conteneurs aux États-Unis, ce qui représente le quart du commerce international des États-Unis, une valeur annuelle que le Conference Board estime à 3 000 milliards $.
L’organisation croit que les mouvements de produits électroniques et automobiles seront les plus affectés par le conflit de travail.
Le gouvernement américain aurait théoriquement l’autorité de forcer un retour au travail au nom de la sécurité nationale, mais les analystes du Conference Bord estiment ce type d’intervention peu probable, alors que l’administration Biden-Harris est en pleine campagne électorale et est reconnue pour son appui au processus de négociation des conventions collectives.
Selon l’agence Reuters, le président Biden aurait déclaré plus tôt aujourd’hui qu’il « voit des progrès » dans les négociations impliquant les 45 000 travailleurs en grève.
L’arrêt de travail se produit alors que les détaillants se préparent à faire le plein de leurs inventaires à l’approche de la saison des Fêtes.
« Il n’y a pas de plan B facile. Bien que des expéditeurs aient déjà commencé à rediriger certaines cargaisons vers la côte ouest, la capacité pour de telles options alternatives est limitée », estime Erin McLaughlin, économiste principale du Conference Board, selon qui les prix de plusieurs produits vont être propulsés à la hausse.
La chaîne d’approvisionnement prendra du temps à se remettre, peu importe la durée de la grève des débardeurs américains. Le Conference Board estime qu’une seule semaine de grève au début du mois d’octobre causerait des ralentissements à l’économie jusqu’à la mi-novembre.
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