La liquidation de Lion Électrique est probable, selon un contrôleur désigné par le tribunal

Le contrôleur désigné par le tribunal pour Lion Électrique affirme que le constructeur de véhicules électriques est très susceptible d’être liquidé après le refus du gouvernement du Québec d’investir davantage de fonds publics dans l’entreprise.

Jean-François Nadon, spécialiste de la restructuration chez Deloitte, a déclaré lors d’une audience de la Cour supérieure lundi que l’aide gouvernementale aurait été une condition à toute vente de l’entreprise en difficulté.

(Photo : Lion Électrique)

Cette possibilité étant écartée, il est peu probable qu’un acheteur propose un plan pour relancer le fabricant qui s’est placé sous la protection de ses créanciers en décembre.

«La probabilité d’une liquidation des actifs est très élevée», a déclaré M. Nadon.

La récente annonce du gouvernement, selon laquelle il n’injecterait plus d’argent public dans Lion Électrique, constituait une «onde de choc» pour l’entreprise.

La semaine dernière, des articles de presse ont indiqué qu’un groupe d’acheteurs cherchait à obtenir 24 millions $ de la province pour relancer le fabricant de véhicules électriques. M. Nadon a affirmé qu’il n’y avait «aucune indication» avant la décision du gouvernement que les acheteurs ne seraient pas en mesure d’obtenir ce financement.

Mais la ministre de l’Économie du Québec, Christine Fréchette, a annoncé mercredi soir dans une déclaration sur les médias sociaux qu’il serait irresponsable d’offrir à Lion plus d’argent public. Elle a ensuite déclaré aux journalistes qu’elle «se serait attendue à ce que le secteur privé soit plus impliqué».

Par ailleurs, le premier ministre François Legault a invoqué le retour du président américain Donald Trump lorsqu’il a été interrogé sur Lion Électrique la semaine dernière. Il a laissé entendre que le Québec pourrait devoir assouplir ses objectifs en matière d’électrification des transports, puisque les États-Unis «n’en font pas une priorité».

Le Québec a déjà investi massivement dans Lion Électrique, et M. Legault a déclaré que la province risquait de perdre environ 140 millions $ dans l’entreprise.

M. Nadon estime que le gouvernement a pris sa décision en raison de la «situation sociopolitique» aux États-Unis, qui, selon lui, «limite l’expansion du plan d’affaires de Lion» et crée des «risques extrêmement importants» pour les perspectives de l’entreprise.

À la fin de la semaine dernière, Deloitte a commencé à contacter les liquidateurs et les commissaires-priseurs qui s’étaient déjà montrés intéressés par la vente des actifs de Lion. Il leur a été demandé de soumettre des offres au cours du week-end, et M. Nadon a souligné qu’il espérait pouvoir présenter un accord au tribunal lundi prochain.

M. Nadon a indiqué que Lion avait licencié tous ses employés, sauf 12, après l’annonce de la décision du gouvernement la semaine dernière. Il a ajouté que l’entreprise est toujours en mesure de payer son personnel restant, mais qu’elle n’a pas pu payer le loyer de tous ses sites au 1er mai, ce qui représente environ 400 000 $.

Lion Électrique fabriquait des autobus scolaires et des camions électriques, et compte actuellement environ 1 175 autobus scolaires sur les routes du Québec. L’entreprise a toutefois procédé à plusieurs séries de licenciements l’année dernière et a arrêté la production dans une usine de l’Illinois, avant de se placer sous la protection de la loi sur les faillites en décembre.

Un projet de recours collectif déposé par les actionnaires de Lion Électrique contre les administrateurs et dirigeants de l’entreprise, qui affirment que ces derniers ont induit les investisseurs en erreur et ont fait de fausses déclarations sur la santé financière de la compagnie, pourrait être mis en œuvre une fois que l’accord aura été finalisé.


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