La stratégie de Schneider repose sur la capacité cumulative, le développement de l’intermodalité et le respect de l’environnement
Plutôt que de courir après les taux de fret, Schneider National se concentre sur la transformation de ses opérations afin de transporter davantage de fret par voie intermodale et d’augmenter la capacité par le biais de divers services.
C’est ce qu’affirme Erin Van Zeeland, vice-présidente, directrice générale de la logistique et directrice commerciale de Schneider. S’exprimant lors du FTR Transportation Conference 2024, elle a déclaré que l’objectif, tout au long de la crise, était de «contrôler ce que l’on peut contrôler.»

«Nous sommes très disciplinés en ce qui concerne le déploiement du capital», a-t-elle affirmé.
Schneider compte moins de chauffeurs qu’au plus fort de l’activité et a réduit son réseau de transporteurs tiers de plus de 30 000 à environ 22 000. Selon Mme Van Zeeland, cela a permis à l’entreprise de se rapprocher de ses transporteurs tiers et de mieux comprendre leurs activités «de sorte que lorsque l’opportunité de fret est là et que nous avons des poussées dans différents segments, nous n’avons pas de problèmes pour obtenir de la capacité pour nous aider à répondre aux besoins de nos clients.»
Elle voit quelques signes de reprise sur les marchés du fret général, en particulier sur certains marchés et dans certaines zones géographiques des États-Unis.
«Nous observons des pousses vertes dans différents secteurs du marché», a-t-elle indiqué. «Nous voyons également différentes opportunités de croissance avec les clients.»
L’intermodalité, où Schneider cherche à doubler ses volumes d’ici 2030, compte parmi ces débouchés croissants. Le transporteur a conclu un accord avec les fournisseurs ferroviaires Union Pacific et CPKC qui prévoit des voies exclusives dans les gares de triage d’UP. Les partenariats étroits avec les fournisseurs ferroviaires ont permis d’améliorer les performances du service, a fait remarquer Mme Van Zeeland. Toutefois, l’intermodalité est encore sous-utilisée.
«Nous devons étendre notre réseau et retirer davantage de marchandises de la route», a-t-elle expliqué, notant que quelque 7 millions de chargements de camions pourraient être transférés vers le transport intermodal aujourd’hui, ce qui permettrait une réduction immédiate de 65% des émissions de gaz à effet de serre, généralement à un coût moindre.

«Lorsqu’un client souhaite réduire ses émissions de gaz à effet de serre, la première chose à faire est de les mettre dans un train», a-t-elle souligné. «Toutes les entreprises ne prennent pas en compte ce qui doit être fait à cet égard.»
C’est là que le cumul des capacités entre en jeu. Selon Mme Van Zeeland, il s’agit de commencer par une offre de flotte dédiée et de la compléter, selon les besoins, par son propre réseau de transport à sens unique et par la capacité de transporteurs tiers. La priorité est de garder les camions dédiés chargés, mais d’avoir des alternatives disponibles pour les exceptions.
Mme Van Zeeland a exhorté les expéditeurs à faire preuve de créativité lorsqu’il s’agit d’élaborer des solutions pour la chaîne d’approvisionnement. «La situation en est arrivée à un point où les prix ne sont pas viables», a-t-elle déclaré à propos des moyens de réduire les coûts de transport. «Nous devons vraiment les aider à trouver d’autres solutions.»
Si Schneider a réduit son bassin de conducteurs, elle a également amélioré la gestion de l’efficacité des conducteurs.
«Nous ne voulons pas qu’un conducteur ait à nous dire quoi que ce soit», a-t-elle affirmé. «Nous devrions être en mesure d’anticiper les problèmes et les frictions.»
Cet objectif est atteint grâce à la technologie et aux tablettes embarquées qui aident les conducteurs à prendre et à livrer des chargements de la manière la plus efficace possible, en mettant l’accent sur l’élimination des kilomètres inutiles.
En ce qui concerne les réglementations environnementales et les normes d’émission imminentes et coûteuses, Mme Van Zeeland a confié que les petites flottes auront du mal à faire face aux investissements en capital nécessaires.
«Nous avons fait des investissements considérables dans le domaine des véhicules électriques, des carburants alternatifs et des biocarburants», a-t-elle indiqué. «Nous travaillons directement avec les fabricants sur l’ingénierie.»
Elle s’interroge sur la capacité d’une petite flotte à réaliser ces mêmes investissements. Mais ceux qui ne le font pas risquent d’être laissés pour compte.
«On ne peut tout simplement pas attendre», a-t-elle souligné à propos de la décarbonation. «Il va falloir que vous compreniez comment vous allez naviguer dans ce changement.»
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