La suspension des visas aux États-Unis est un avertissement pour l’industrie canadienne du camionnage, dit l’ACC
L’Alliance canadienne du camionnage (ACC) prévient que la suspension par les États-Unis de l’octroi de nouveaux visas aux conducteurs étrangers n’aura pas beaucoup, voire pas du tout, d’impact sur les chauffeurs canadiens, mais qu’elle devrait être considérée comme un avertissement à l’industrie pour qu’elle mette de l’ordre dans ses activités.
La semaine dernière, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a indiqué sur X que les États-Unis suspendaient immédiatement la délivrance de tous les visas aux chauffeurs routiers qui doivent conduire aux États-Unis.

Les visas suspendus ne s’appliquent pas aux conducteurs canadiens mais, dans un communiqué ultérieur, l’ACC a déclaré que «le Canada doit considérer ces événements comme une sonnette d’alarme pour régler les problèmes au sein de notre système ou risquer d’être confronté à des restrictions similaires à l’avenir».
La suspension du visa fait suite à un accident survenu en Floride, au cours duquel trois personnes ont été tuées après avoir percuté le côté d’une remorque alors qu’elles effectuaient un demi-tour illégal. Le conducteur du camion se trouvait illégalement dans le pays, mais avait obtenu un permis de conduire commercial en Californie.
Au niveau national, l’ACC estime qu’il faut renforcer la surveillance des régimes de permis de conduire. L’Association fait référence à une enquête menée par la CBC en juin 2025, qui suggère que les pots-de-vin, les faux documents, les tests truqués et l’achat de permis de conduire ne sont pas rares.
L’Alliance affirme avoir fourni au gouvernement un plan par étapes visant à améliorer la sécurité et la surveillance des camions, qui doit être mis en œuvre immédiatement «pour inverser la tendance à la détérioration de la sécurité des camions et le manque de professionnalisme des chauffeurs routiers sur les routes canadiennes».
L’ACC demande également au gouvernement fédéral de combler les lacunes en matière d’immigration qui permettent aux transporteurs canadiens d’exploiter les programmes de travailleurs étrangers temporaires.
«Parmi de nombreuses autres recommandations, l’ACC a demandé à plusieurs reprises au gouvernement du Canada d’introduire un programme d’employeurs connus dès le début du processus d’immigration. Si ce programme est mis en œuvre correctement, il coupera l’accès aux programmes d’immigration aux groupes de propriétaires sans scrupules et rétablira l’intégrité du régime», a souligné l’ACC dans un communiqué.
Dans le cas contraire, l’industrie canadienne du camionnage, y compris les transporteurs sécuritaires et réputés, pourrait être pris au piège des réformes américaines en matière de visas.
«L’inaction des gouvernements fédéral et provinciaux en ce qui concerne la réorganisation des programmes d’immigration dans le secteur du camionnage a conduit à la situation que nous connaissons aujourd’hui. Il n’est pas acceptable que ceux qui respectent les règles et travaillent légalement soient pris dans le filet tendu par les États-Unis», a indiqué l’ACC.
«L’annonce du secrétaire Rubio devrait être le signal le plus clair jusqu’à présent : le segment non conforme de l’industrie canadienne du camionnage, qui érode l’intégrité des systèmes de permis de conduire, de formation, de conformité à la sécurité et d’immigration, doit être traité immédiatement.»
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